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Entrevue avec le lauréat du Prix du récit Radio-Canada 2019, Francis Ouellette

Plus on est de fous, plus on lit!

Avec Marie-Louise Arsenault

En semaine de 13 h à 15 h
(en rediffusion du mardi au samedi à 1 h et le samedi à 19 h)

Entrevue avec le lauréat du Prix du récit Radio-Canada 2019, Francis Ouellette

Audio fil du jeudi 26 septembre 2019
Il sourit au micro.

Francis Ouellette remporte le prix du récit Radio-Canada

Photo : Radio-Canada / Hamza Abouelouafaa

« C'est à 42 ans, alors que je suis père de deux enfants et que je suis fatigué de vivre dans un monde qui est traversé quotidiennement par la haine et le dégoût, que je décide d'aller chercher la perle juchée dans le tas de merde de mon inconscient pour écrire des trucs d'amour. » Francis Ouellette est l'heureux lauréat du Prix du récit Radio-Canada 2019. Il a su séduire le jury, composé de Naomi Fontaine, Jean Marc Dalpé et Marie Laberge, avec son texte Berce-toi Raymonde, une ode à sa grand-mère mourante.

L'écrivain et distributeur de films Francis Ouellette est venu lire un extrait de son récit, Berce-toi Raymonde :

Sa télé vociférait en permanence un match de quelque chose, qu’elle commentait avec sapience et alacrité, en fumant ses deux paquets de cigarettes quotidiens et en tinkant des litres de café. Elle passait des heures à se bercer férocement tout en s’adonnant à cette activité.

On devine qu’elle était devenue une véritable athlète de la berçante, et ce, malgré son cardio de fumeuse à la chaîne et les trois cancers qu’elle avait combattus toute sa vie. Elle s’adonnait à cette activité avec un aplomb qui forçait l’admiration, à un tel point qu’elle en oubliait régulièrement de vider le sac de pisse qui était strappé sur sa cuisse en permanence.

L’appartement de ma grand-mère sentait le CÂLISSE, on le devinera. C’était un mélange capiteux de relents caramélisés d’urine, de botchs et de café instantané qui chèsse dans le fond de plusieurs tasses pas lavées. Ça aurait dû m’écœurer, mais l’odeur était instantanément chassée par son sourire quand elle me voyait, malgré ses becs fétides, mouillés et beaucoup trop insistants.

Son sac, elle oubliait de le vider à tous les coups quand elle écoutait la lutte. Rien ne faisait briller ses yeux autant que la lutte, sauf peut-être les lutteurs. La « batarre », qu’elle appelait ça. Incapable de dire « bagarre » ou « bataille », elle avait fusionné les deux mots pour en faire un plus beau. Durant les moments de conflits familiaux (donc, tout le temps), ma grand-mère aimait essayer de désamorcer la violence ambiante en déclamant benoîtement la phrase suivante : « L’AMOUR, c’est plus fort que la batarre.

Pour tout savoir sur Francis Ouellette : consultez le site web Prix du récit Radio-Canada 2019

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