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Marie-Louise Arsenault
Audio fil du vendredi 7 juin 2019

Émotive et exigeante Stéphanie Boulay

Publié le

La blonde chanteuse explique sa pensée à l'animatrice.
À quelques heures de prendre des vacances méritées, Stéphanie Boulay vient parler de ses amours culturelles.   Photo : Radio-Canada / Christian Côté

L'autrice-compositrice-interprète née à New Richmond, en Gaspésie, est membre des Sœurs Boulay avec sa sœur Mélanie. Je rêve, le deuxième extrait de leur troisième album, qui paraîtra cet automne, vient de sortir sur les plateformes d'écoute en continu et d'achat en ligne. Stéphanie Boulay répond à la « Liste de l'invitée ».

Quel mot vous décrit?
Émotive. Mais j’essaie de réhabiliter ce mot, qui a une connotation injustement négative, à mon avis.

Quelle est votre devise?
Avant, je ne jurais que par le travail, mais là je suis en mode « tant que je peux chiller, je chille ».

En quoi excellez-vous?
Être exigeante. Envers moi-même et les autres.

Quel est votre mot préféré? Et celui que vous aimeriez bannir?
J’adore le mot « fruit ». Je trouve que c’est un mot alléchant.
Par contre, je n’aime pas les mots avec les lettres « c » et « r » l'une à la suite de l'autre, comme « scrotum », « crête », « crêpe », « âcre ». Je ne comprends même pas pourquoi cette succession de lettres existe.

Qu’y a-t-il sur votre table de nuit?
Huit livres empilés que je n’ai pas lus, un réveille-matin qui ne marche plus, beaucoup de poussière et des mouchoirs en tissu (ce n’est pas si dégueulasse que ça peut en avoir l’air).

Quelle lecture a fait votre éducation sentimentale ou amoureuse?
La série Sara, d’Anique Poitras

Quelle lecture obligatoire a été une torture?
J’avais la fâcheuse habitude, au cégep et à l’université, de ne jamais finir les lectures obligatoires, comme Madame Bovary, que j’ai eu au programme deux fois et au sujet duquel j’ai passé haut la main les examens sans jamais vraiment l’avoir lu.

Quelle écrivaine ou quel écrivain inviteriez-vous à souper?
Simon Boulerice, parce qu’il m’a reçue l’autre jour et que je ne lui ai pas rendu la pareille encore. Sinon, je suis le genre de personne qui ne veut rien savoir de rencontrer ses idoles. Une fois, j’ai rencontré Richard Desjardins et j’avais envie de me sauver en courant. Tu me proposes un souper avec Annie Ernaux, par exemple : je refuse, c’est sûr.

Quel livre, film, pièce de théâtre ou spectacle vous a le plus troublée?
Le ravissement de Lol V. Stein, de Marguerite Duras
Sinon, j’ai vu Melancholia, de Lars Von Trier, deux fois de suite et j’ai mis un mois à sortir d'une dépression.

Quel personnage de fiction aimeriez-vous rencontrer?
Comme je n’aime pas rencontrer mes idoles, je dirais que j’aimerais mieux rencontrer les vilains, juste pour leur dire combien ils sont méchants.

Quel « chef-d’œuvre » est surestimé?
C’est méchant, je ne veux pas le dire. Mais il y a un livre amplement décoré que j’ai essayé de lire dans le sud l’année passée, et chaque fois que je l’ouvrais, je me sentais comme si je commençais un quart de travail. J’ai abandonné après 50 pages.

Quelle est la perle littéraire dont personne ne parle?
Ce n’est pas que personne n’en parle, mais je trouve qu’on n’encense pas assez Audrée Wilhelmy au Québec. Pour moi, ses romans sont géniaux.

Quel est votre plus récent engouement artistique (livre, film, théâtre, album…)?
La comédie musicale de Michel Rivard est vraiment un bijou.

Quelle chanson vous représente?
Je ne sais pas pourquoi, mais je dirais A Case of You, de Joni Mitchell. Pour cet amalgame d’amour doux-amer, de douleur, de désir de s’en aller, mais d’incapacité à se détacher.

Avez-vous le souvenir d’un spectacle exceptionnel, d'une performance inoubliable?
Quand j’étais au cégep à Drummondville, je suis allée voir Anne Sylvestre en spectacle toute seule et j’ai pleuré jusqu’à ce que je m’endorme le soir dans mon lit.

Quel est le film qui vous a fait pleurer?
Pas mal tous les films, honnêtement, mais le premier qui me vient en tête, c’est Un homme et son péché, de Charles Binamé, quand Donalda mange de la confiture à pleines poignées sur le bord de la rivière. Sinon, plus récemment, j’ai eu de la misère à me remettre de l’écoute de Capharnaüm, de Nadine Labaki.

Quelle expression vous exaspère?
« Je dis ça, je dis rien. » Ça m’énerve profondément.

Quel texte pouvez-vous réciter par cœur?
Toutes les chansons que j’aime. J’ai une mémoire folle pour ça. Et aucune mémoire restante pour tout le reste.

Quelle est la pire ou la plus belle chose qu’on vous a dite?
Quand j’étais petite, quelqu’un m’a dit « Tu devrais pas manger ça, ça fait grossir les fesses ». Ça ne m’est jamais sorti de la tête. J’ai eu des troubles alimentaires à l’adolescence, et même si ça ne paraît plus, j’ai encore une relation toxique avec la nourriture.
Sinon, des fois, des gens me disent que je les aide à se sentir mieux avec eux-mêmes. Je ne sais pas ce que j’ai fait pour mériter ça, mais ça me rend heureuse. Je trouve qu’actuellement, les personnalités publiques font le contraire : leur vie parfaite, leur corps parfait, leur tout parfait, font ressentir de la culpabilité aux gens, dont à moi. Alors, si je fais l’effet inverse à quelques personnes, je suis vraiment soulagée.

À qui voudriez-vous adresser un mot d’excuse?
À toutes les personnes à qui j’ai mal parlé dans ma vie parce que je travaillais trop et que j’étais exténuée. J’essaie de ne plus me rendre à cet endroit dans ma fatigue où je n’ai plus de place pour la patience, la bienveillance et la générosité.

La plus grande leçon que la vie vous a apprise?
Ne plus m’offrir, m’abandonner, aux gens qui me violentent psychologiquement. J’ai pas tout à fait réussi encore. Mais je ne me rendrai plus jamais autant là que par le passé (j’espère).

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