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Marie-Louise Arsenault
Audio fil du jeudi 30 mai 2019

Marie-Claire Blais : pourquoi j’écris?

Publié le

Elle sourit au micro.
La romancière, dramaturge et poète Marie-Claire Blais   Photo : Radio-Canada / Hamza Abouelouafaa

Depuis la publication de La belle bête en 1959, jusqu'à l'aboutissement de sa série Soifs en 2018, la romancière, dramaturge et poète Marie-Claire Blais a offert à ses lecteurs plus d'une soixantaine de pièces inspirantes. La grande dame de la littérature québécoise parle de ce qui l'anime comme autrice en répondant à notre questionnaire « Pourquoi j'écris? ».

À quel âge avez-vous écrit votre premier texte?
C’était des poèmes vers l’âge de 11 ans.

Qu’est-ce qui vous a donné envie d’écrire?
C’est comme faire de la musique, c’est une passion. C’était quelque chose qui était là, qui était en moi.

Vos parents étaient-ils fiers de vous?
Ça a pris un peu de temps. Un écrivain dans une famille, c’est étrange. Quand les livres ont été publiés, plus tard, ils ont été fiers.

Qui vous a donné votre première chance?
C’était des professeurs à l’Université Laval. La professeure Jeanne Lapointe m’a beaucoup encouragée.

Quel est le meilleur conseil qu'on vous a donné?
D'être moins naïve avec les gens

À quel moment avez-vous compris que ça deviendrait votre métier?
Dès la publication des premiers livres.

Quel sentiment avez-vous éprouvé lorsque vous avez vu votre première œuvre publiée?
On a toujours une certaine crainte. On n’arrive pas dans ce milieu-là avec arrogance, surtout quand on est une femme et qu’on est jeune.

Quelle est votre motivation quotidienne?
Bien travailler et travailler fort. Avoir de la discipline.

Qu'est-ce qui vous comble le plus dans votre travail?
C’est le moment de la publication. De voir la réaction des lecteurs. C’est pour ça qu’on écrit, pour communiquer, pour partager.

Dans tout ce que vous avez écrit, de quoi êtes-vous le plus fière?
C’est difficile à dire, on n'est jamais content.

Quel est le dialogue, la phrase ou le texte dont on vous a le plus parlé?
De la part du lecteur, surtout dans le cycle de Soifs, du fait que la phrase est interminable, mais elle est très structurée.

Quel mot ou signe de ponctuation affectionnez-vous particulièrement, aimez-vous écrire?
Il y a beaucoup de points d’interrogation. Avec le point d’interrogation, on laisse tout à l’imagination de l’autre.

On ne parle que de soi : commentez.
On ne parle pas que de soi. Il faut éviter de parler de soi. Mais on parle de soi à travers des visages et des personnages. Mais je n’aime pas l’idée de parler de soi.

Avez-vous déjà été censurée?
Je ne crois pas. Mais quand j’ai écrit mes premiers livres... Une saison dans la vie d’Emmanuel a été refusé cinq fois avant d’être publié. C’est peut-être une forme de censure, mais après il a été publié en France et traduit dans plusieurs langues.

Êtes-vous sensible aux commentaires (critiques, regard des autres)?
Tous les écrivains sont très sensibles à ça.

Pourquoi ou pour qui écrivez-vous?
On écrit parce qu’on a une vision du monde et on veut la partager avec le plus de monde possible. Il y a ce besoin de communiquer et de décrire l’univers.

Comment imaginez-vous vos lecteurs?
Ce qui est fascinant, c’est que les lecteurs sont tous différents. Je suis toujours étonnée de voir la diversité de gens qui m’écrivent. On veut traverser le gouffre des générations.

Quel lieu vous inspire?
Là où je vis à Key West, c’est très inspirant. Mais il y a toujours de l’ombre. Il faut s’inspirer des êtres autour de nous qui ne sont pas toujours agréables. Certains sont des monstres.

Avez-vous expérimenté la création sous influence?
Non. Mais des écrivains l’ont fait. Je ne pourrais pas. J’ai tellement peur de perdre ma discipline.

Quel serait l’honneur qui vous comblerait le plus?
Non, ce n’est pas quelque chose qu'il faut attendre, même si on est content quand ça arrive.

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