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L'animateur Mathieu Dugal
Audio fil du vendredi 12 avril 2019

Liza Frulla : valoriser les métiers de la gastronomie et du tourisme

Publié le

L'ancienne politicienne sourit à l'animatrice.
Liza Frulla profite du micro ouvert pour vanter les mérites des employés qui travaillent en restauration.   Photo : Radio-Canada / Christian Côté

Dans son « micro ouvert », la directrice générale de l'Institut de tourisme et d'hôtellerie du Québec (ITHQ) décrit la réalité des métiers de la gastronomie et du tourisme, qui est souvent marquée par un manque d'égard des clients.

« Ce métier, on peut l’amener à des sommets extraordinaires, mais ça prend de la formation », plaide-t-elle, en parlant entre autres des serveurs.

La valorisation des métiers de ceux qui travaillent dans le domaine de la gastronomie et du tourisme

On dit souvent que j’ai eu plusieurs vies. Ce n’est pas faux. Je me suis promenée entre les médias, le marketing, la politique et, maintenant, je baigne quotidiennement dans le milieu de l’accueil comme directrice générale de l’ITHQ. Je vous entends déjà dire : « C’est quoi ça, l’accueil? » Bien, c’est simple. C’est toute l’industrie du tourisme, de la gastronomie et de l’hôtellerie. Ce sont tous ces endroits qui nous apportent du bonheur, qui nous font vivre des aventures, et qui nous rassasient.

Il faut dire que je suis un peu tombée dedans à la naissance. J’ai grandi au-dessus de la boucherie familiale et je suis issue d’une grande lignée d’Italiens qui aimaient les plaisirs de la table. Quand je rentrais chez moi, après l’école, il y avait toujours une odeur de biscuits chauds ou de pizza dans le four. Et maintenant que je suis une adulte confirmée, j’adore cuisiner et recevoir, et je ne me lasse pas de consulter les 600 livres de recettes que j’ai chez moi.

Si je m’adresse à vous aujourd’hui, c’est que je suis tannée qu’on parle négativement des métiers de l’accueil. Pourquoi est-ce qu’on dévalorise tant ces métiers-là? Pourtant, on les consomme tous, ces services-là :

  • On s’arrête tous ramasser à l’occasion un repas déjà préparé.
  • On célèbre les grands moments de nos vies au restaurant.
  • On fréquente les festivals.
  • On vante nos attraits touristiques et on essaie d’en connaître un maximum.
  • On va à l’hôtel de temps en temps.

Et chaque fois qu’on fait ce genre de sorties, la gentillesse et l’efficacité de ceux qui travaillent dans cette industrie font toute la différence. Tous les maillons de la chaîne sont importants pour vivre une expérience hors du commun. Ce sont sans aucun doute des métiers nobles, même si on les regarde un peu de haut.

Pourtant, dans la culture française, pas si loin de la nôtre, ils sont mis de l’avant et célébrés. Avec le titre du meilleur ouvrier de France, les fameux MOF, les Français soulignent le travail de leurs chefs, pâtissiers, sommeliers, barmans et même réceptionnistes et gouvernantes.

Je ne sais pas s’il faut copier le modèle français, mais c’est certain qu’il faut arrêter de voir ces professions comme un entre-deux, comme un « en attendant ». Je vois chaque jour à l’ITHQ des jeunes qui se passionnent pour le milieu et je peux vous dire qu’ils sont entièrement dévoués à cette passion, que c’est toute leur vie qui se dessine devant eux.

Il m’apparaît donc important de célébrer notre industrie de l’accueil. Si Montréal fait maintenant figure de capitale touristique et qu’elle se trouve dans les plus grands classements mondiaux, c’est parce qu’il y a tous ces gens qui travaillent dans l’ombre, qui s’assurent que nous repartions du restaurant, de l’événement, de l’activité touristique ou de l’hôtel avec le sourire.

Je me suis battue toute ma vie pour la culture québécoise – je suis d’ailleurs aussi présidente de Culture Montréal – et je pense qu’il faut réaffirmer que la gastronomie, c’est de la culture, que le tourisme, c’est de la culture, et que nos hôtels sont des lieux de diffusion culturelle. Notre façon d’accueillir les touristes est bien distincte, bien québécoise, bien à nous. C’est indéniable : elle fait partie intégrante de notre culture.

Et si on veut continuer de se démarquer, de faire notre place dans une économie mondialisée, il va falloir mettre de côté l’improvisation. La formation, c’est pas mal toujours la clé. Quand on sait ce qu’on fait avant de mettre les pieds sur le terrain, on part forcément avec une longueur d’avance. Quand on fait des stages et qu’on a des professeurs et des mentors pour nous conseiller, on évite les erreurs que d’autres ont pu faire avant nous.

Je pense que les Québécois, nous sommes un peuple vraiment très, très accueillant. Il suffit de croiser des touristes qui nous ont déjà visités pour le comprendre. Ils ont généralement que de bons mots à notre sujet. Cet atout naturel, il ne faut pas s’en contenter. Il faut aussi le développer et le mettre de l’avant.

Pour attirer les meilleurs candidats vers cette industrie, il va falloir faire une vraie réflexion sur le montant que nous sommes prêts à payer pour être les meilleurs, pour vivre des expériences inoubliables et pour offrir des conditions de vie enviables à ceux qui se démènent dans le milieu. Pourquoi finalement? C’est assez simple. Pour nous rendre heureux.

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