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La nouvelle Algérie de Yasmina Khadra

Plus on est de fous, plus on lit!

Avec Marie-Louise Arsenault

Cette émission n'est pas en ondes actuellement.

La nouvelle Algérie de Yasmina Khadra

Audio fil du jeudi 11 avril 2019
Il sourit au micro.

L'écrivain algérien Yasmina Khadra

Photo : Radio-Canada

L'ancien président Abdelaziz Bouteflika avait l'admiration de toute une génération lors de son accession au pouvoir, il y a 20 ans, rappelle l'un des plus célèbres auteurs algériens. À ses deux premières années de présidence, « c'était pour nous une idole », explique celui dont l'œuvre est traduite dans 48 langues. Près d'une semaine après la démission du chef de l'État, Yasmina Khadra se réjouit de voir, aujourd'hui, ce que ses compatriotes ont accompli en manifestant pacifiquement dans les rues.

La boulimie pour le pouvoir l'a complètement détruit.

Yasmina Khadra, à propos de l'ex-président algérien Abdelaziz Bouteflika

L’Algérie est un pays qui change profondément les gens qui le visitent, raconte l’auteur des romans Les hirondelles de Kaboul et L’attentat. Habitué de l’émission en duplex depuis Paris, où il vit, Yasmina Khadra est cette fois à Québec, où il est l'invité d’honneur du Salon du livre (Nouvelle fenêtre).

Le peuple algérien est d’une immense générosité. Selon lui, le pays est aussi très riche, mais sans moyens pour défendre cette richesse.

« Le pouvoir, c’est quelque chose de démoniaque », croit-il. Bouteflika, élu pour la première fois en 1999, a démissionné de la présidence la semaine dernière à la suite de grandes manifestations réclamant son départ. Il était devenu la marionnette de ceux qui faisaient du profit, selon l'écrivain à succès.

Les dangers de la méconnaissance

« Ce n’est pas l’ignorance qui est un danger pour l’humanité, mais la méconnaissance », raconte-t-il à propos des gens qui croient posséder une connaissance qu’ils n’ont pas. « On a beau savoir, il y a beaucoup de choses qui nous échappent. »

Le monde a été conçu pour être imparfait, et c’est à nous de négocier avec ces imperfections.

Yasmin Khadra, auteur

Selon lui, montrer du doigt les gens qui portent la kippa ou le foulard, par exemple, ne fera qu’encourager ces personnes à se refermer sur leur communauté proche. À propos de la proposition de loi sur la laïcité québécoise, il rappelle qu’avant l’interdiction du port du foulard dans les lycées en France, on ne croisait presque aucun voile intégral dans ce pays, alors qu’on en voit de plus en plus maintenant.

« Chacun a le droit de choisir son mode d’existence », conclut-il.

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