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Marie-Louise Arsenault
Audio fil du vendredi 14 décembre 2018

Le plaidoyer pour l’école secondaire de Sylvie Dupuis

Publié le

Une femme sourit devant un micro.
Sylvie Dupuis   Photo : Radio-Canada / Thomas Lafontaine

Dans son micro ouvert, Sylvie Dupuis, directrice de l'École secondaire Gérard-Filion, à Longueuil, parle de son milieu de travail et de l'importance de l'éducation.

L'École Gérard-Filion est en vedette dans 180 jours, dont le dernier épisode sera diffusé le dimanche 16 décembre, à Télé-Québec. Cette série documentaire offre une incursion inédite au cœur d’une école secondaire publique en permettant d'observer le quotidien des 1400 élèves qui fréquentent cet établissement.

Certains peuvent penser que le choix d’y travailler est surtout pour les conditions de travail, les congés l’été, la rémunération, le fonds de pension... Ce sont des conditions intéressantes, mais… encore faut-il y travailler assez longtemps pour se rendre jusque-là!

Moi, je vous dirais que si nous ne sommes pas investis dans ce métier pour les bonnes raisons, le quotidien saura nous le faire comprendre assez vite!

À mes débuts comme suppléante, j’ai eu le coup de foudre pour les adolescents et la relation que je développais avec eux.

Scrutés par ces 30 paires d’yeux, ils inspectent notre personnalité comme nulle autre. En fait, notre personnalité, notre présence ou prestance est notre carte de visite. Si la chimie opère, s’ils lisent dans nos yeux de l’authenticité, ils nous suivront n’importe où. Mais rien n’est gagné d’avance! Un peu de fatigue, et hop! Les élèves pèsent sur nos boutons rouges. Attention de ne pas tomber dans le piège... On doit toujours être en contrôle de nous, même si c’est le chaos autour.

Toujours assis sur le bout de notre chaise, il faut savoir s’adapter à toute situation. Prendre le pouls du groupe, moduler nos interventions.

Ça prend juste assez d’humour, juste assez de compréhension et surtout une cohérence et une constance sans faille!

On nomme souvent qu’il est important de créer un lien, c’est certain! Nous sommes là à leur demander de sortir de leur zone de confort, de nous suivre, de nous écouter, de se confier... Il est donc nécessaire qu’une complicité, qu’un lien de confiance se développe.

« Comment faites-vous? » nous pose-t-on comme question.
On s’y investit cœur, corps et âme!

L’école secondaire a été témoin de mon évolution comme individu. Voici les trois temps de mon passage : en tant qu’élève, enseignante et directrice.

Mon passage à l’école secondaire comme élève
J’ai toujours été fière de dire que je venais de l’école Gérard-Filion et, surtout, que j’avais reçu un enseignement de qualité me permettant de performer aux examens du ministère et dans mes études postsecondaires.

Notre passage au secondaire est une étape mémorable dans notre vie. Pour ma part, mes plus beaux souvenirs résident dans les activités parascolaires auxquelles j’ai participé : improvisation, pièces de théâtre, tournois de volley-ball, défilés de mode, galas Méritas, conseil étudiant, etc. C’est là que de belles amitiés se sont créées.

Mon passage comme enseignante
À l’université, j’ai eu la chance de faire mes stages en enseignement de l’éducation physique à MON école. Quel changement de posture! On ne voit plus les enseignants de la même façon! Ils deviennent des collègues.

Par la suite, mes premiers contrats en enseignement ont vraiment changé ma façon de voir l’école! Mais une chose se développait, évoluait : le lien avec les jeunes! Ils sont devenus mes protégés, mes pupilles. J’étais leur grande sœur. C’est également à travers les activités parascolaires que je tissais des liens positifs. Mon crédit affectif que je nomme est la marge de manœuvre nécessaire pour passer à travers des interventions plus difficiles.

Mon passage comme directrice
Puis, après 21 années d’expérience acquises en éducation, j’ai eu la chance de revenir comme directrice dans mon école secondaire. Je me suis rappelé ce que j’aimais tant de cette école à titre d’élève, et j’ai voulu que les élèves s’y sentent accueillis, accompagnés, encouragés, enseignés et soutenus comme je l’avais été. Fortes de ces expériences, j’ai construit ma vision et les orientations qui guideront mes décisions. Je voulais vraiment la réussite pour tous, peu importe comment elle s’exprimerait.

Le filet de sécurité qui avait sauvé plusieurs jeunes, amis ou élèves devenait mon objectif à atteindre en utilisant le sport comme moyen de persévérance.

C’est à petits pas, et grâce à une équipe-école qui partageait ma vision, que nous avons créé un milieu de vie sécuritaire et sécurisant.

Bien sûr, nous ne sommes pas parfaits, mais nous visons constamment à nous améliorer afin de devenir une école efficace. En ce sens, nous avons l’obligation de nous référer aux encadrements légaux. L’école est encadrée par des lois, des procédures, des programmes, et nos interventions sont mises de l’avant en s’appuyant sur des méta-analyses qui démontrent qu’elles sont les meilleures pratiques en éducation.

Qu’attendons-nous de la société? Si l’école est importante, la société lui donnera son appui.

Quel genre d’appui? Je parle de l’appui humain, de la reconnaissance de notre expertise, de la collaboration nécessaire à la réussite du jeune.

Comme parent, reconnaître que notre enfant est en apprentissage et que l’équipe-école est là pour poursuivre l’éducation débutée à la maison. Qu’il est essentiel de considérer les intervenants scolaires comme des partenaires avec qui il faut développer un lien de confiance!

Nous nous sommes dotés d’un système d’éducation publique accessible à tous. Il faut que nous mettions en place les services pour soutenir tous les élèves. Il faut être proactifs et conscients de leurs défis et besoins.

Il est important de reconnaitre ce que nous faisons de bien!

C’est normal de se comparer et de vouloir évoluer, mais à trop critiquer, on oublie les forces de notre système d’éducation. La reconnaissance de notre expertise est primordiale pour un travail efficient.

Enseigner, ça s’apprend, et apprendre, c’est l’histoire d’une vie!

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