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Marie-Louise Arsenault
Audio fil du vendredi 19 octobre 2018

L'Ode après-midi automnal, de Jean-Paul Daoust

Publié le

Le poète Jean-Paul Daoust
Jean-Paul Daoust est toujours de bonne humeur, peu importe la saison!   Photo : Radio-Canada / Louis-André Bertrand

Pour Jean-Paul Daoust, l'automne rappelle la fragilité de la vie. « La splendeur de l'automne, il s'agit d'un coup de vent et c'est fini », raconte-t-il. Il livre un poème de saison qu'il a écrit spécialement pour l'occasion.

Ode après-midi automnal

par Jean-Paul Daoust, octobre 2018

La lumière glisse sur les feuilles
Allumant tant de nuances
Qui enluminent même les ombres
Qui se faufilent sur le lac Rocher
Pour disparaître dans son miroir
Où neige une poudrerie de reflets qui vibrent
Et que nouvelle Alice je pourrais bien traverser
Le ciel sert de paravent bleu aux étoiles
Qui, elles, ont besoin du noir pour briller
Une légère brise joue de délicatesse
Pour ne pas réveiller le silence
En cette fin d’après-midi automnal
Où la vie s’offre en une surabondance d’éclats
N’est-ce pas le temps des vendanges!
Un voilier d’outardes tout à coup fend l’air
Comme une proue de brise-glace
Je dérive dans ma chaise longue sur le quai
Sans comprendre mais fasciné
Par le mystère des choses
Un livre tout près m’attend
Mais je préfère lire celui dans lequel je suis
Si vivant dans toutes les perspectives
De cette vue hors du commun
L’automne peint le monde
Tel un Van Gogh halluciné
J’ai peine à plier mes paupières
Tant j’ai peur que tout cela disparaisse
Sachant la finitude de ce spectacle sans entracte
Car la surprise de la pluie pourrait éteindre
Cette lave de couleurs coulant dans la montagne
Face à mon étonnement
Qui frôle le désarroi le vertige
Les mots me semblent bien dérisoires
Devant ce tableau connu
Qui m’éblouit à chaque fois
Un nuage passe tel un ange immense
Quand le soleil revient gifler le paysage
Il rugit comme un fauve
Secouant une crinière de feu où scintillent
Toutes les couleurs du monde
Chaque feuille un lampion païen
Pour illuminer cette cathédrale aux vitraux fluides
Qu’un Gaudi aurait adorée!
Je ne peux résister pourtant à me servir des mots
Pour mieux entrer dans cette vision
Pour mieux la faire miroiter dans mes neurones
Aussi pour allumer les vôtres
Comme un peintre saurait le faire
Mais moi j’écris
Je trace ces mots
Comme si ma main avait sa propre mémoire
Elle me répète face à cette splendeur
Qu’elle ne voudrait être nulle part ailleurs

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