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Marie-Louise Arsenault
Audio fil du mardi 18 septembre 2018

Une heure inspirante avec l'écrivain Alain Mabanckou

Publié le

L'écrivain congolais Alain Mabanckou.
L'écrivain congolais Alain Mabanckou   Photo : Getty images/AFP/Joel Saget

« Elle avait ce grand charisme. Quand elle arrivait, elle avait ces pagnes, ses wax multicolores, et le soleil semblait presque accompagner cette fête de couleurs. » L'écrivain de renommée internationale Alain Mabanckou parle avec nostalgie de sa mère, véritable muse et modèle. Pendant une heure, il revient sur son enfance à l'époque communiste en Afrique dans la République du Congo, de son voyage en France et de sa perception de la francophonie.

Son enfance
Né le 24 février 1966 à Mouyondzi, dans le sud de la République du Congo, Alain Mabanckou en garde des souvenirs heureux et naïfs. « J’ai une idée d’un enfant insouciant, mais dont la vie a commencé à changer lors du coup d’État. [...] Nous vivions une jeunesse de perroquet, puisque nous devions répéter le discours du président. Nous devions être les pionniers de la révolution », dit-il.

L'émancipation de sa mère
L'auteur d'origine congolaise voue un véritable culte à sa mère. Elle symbolise à ses yeux la modernité : « Les femmes en Afrique étaient derrière. La femme est considérée comme un décor, on pensait que son destin appartenait à l’homme. Retrouver une femme de grande envergure comme le fut ma mère, ou d’autres femmes qui se trouvaient dans des situations d’héroïne, cela faisait plaisir. Qu’elles achètent leurs parcelles [leur terrain], qu’elles construisent la maison, qu’économiquement elles soient libres. La question même de la liberté de la femme en Afrique, comme dans le monde, passe par la liberté économique », croit-il.

Je garde le souvenir d’une mère autoritaire, juste, mais très affective. Son affection se matérialisait par des colères.

Alain Mabanckou

Élevé dans une famille polygamique, l'auteur est critique face à ce type d'arrangement familial : « La polygamie n’est pas forcément quelque chose qui respecte la dignité des femmes. Il a fallu que je voyage pour que je découvre que c’est un système délicat, même si dans ma famille, les choses se sont passées avec accalmie. »

Son rapport à la langue française
« Je viens d’une culture où le français est une langue de nervosité. Lorsque mon père s’énervait, il le faisait en français. Lorsqu’il voulait faire une confidence, dire quelque chose de paisible, il s’exprimait dans les langues locales. J’ai toujours pensé que c’était une langue propice aux engueulades », dit-il à la blague.

Bien qu'il affectionne cette langue « à laquelle il doit tout », il reste critique face à la Francophonie, qui est selon lui « une continuation de la politique étrangère de la France par une méthode détournée ». Il se désole du fait que 80 % des dictateurs d'Afrique font partie de son organisation.

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