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Le poids familial dans le processus créatif

Plus on est de fous, plus on lit!

Avec Marie-Louise Arsenault

En semaine de 13 h à 15 h
(en rediffusion du mardi au samedi à 1 h et le samedi à 19 h)

Le poids familial dans le processus créatif

Audio fil du mardi 12 septembre 2017
Une femme tient son arbre généalogique

L'origine des noms de famille s'explique par des recherches généalogiques.

Photo : iStock

« Dans mon livre, ma mère est un être de papier. À partir des secrets, des mystères, des non-dits, des photos, de lettres que l'on m'a données, de morceaux d'archives, j'essaye de reconstruire quelque chose », explique Martine Delvaux. Dans son dernier roman, Blanc dehors, l'auteure et professeure de littérature s'est servie d'une vision fantasmée de sa mère pour construire son récit. Tout comme l'écrivaine et romancière Louise Dupré et l'auteure Marie-Sissi Labrèche, elle se demande si la famille influence la création et si elle modifie, en bien ou en mal, le rapport à l'écriture. Elles en discutent ensemble.

La famille, au coeur de la littérature
Plusieurs écrivains s’inspirent de leur famille pour créer des œuvres mémorables. Pensons à Marguerite Duras (L’amant), à Alexandre Jardin (Le roman des Jardin), à Michel Tremblay (Chroniques du Plateau-Mont-Royal) ou à Dany Laferrière (L’odeur du café). La frontière entre le réel et la fiction est parfois nébuleuse lorsqu’on fait de nos membres de famille des personnages littéraires.

La frontière du réel
Dans Blanc dehors, Martine Delvaux s’imagine sa mère avant qu’elle ne le devienne. Elle reconstruit son personnage à travers des fragments de souvenirs dispersés ici et là. « C’est clair que ce que je reconstruis n’est pas une chose qui est absolument réelle. C’est ce rapport au réel qui m’intéresse. On est dans la littérature, on est dans l’invention de quelque chose », dit-elle.

Pour Louise Dupré, écrire un livre sur sa mère est une façon d’aller à sa rencontre. « J’ai abordé ma mère dans ce livre [L’album multicolore] comme une femme que je ne connaissais pas. J’ai écrit ce livre pour savoir qui elle était. On ne connaît pas nos parents. Ils ne se dévoilent pas. À nous de faire la recherche », pense-t-elle.

Marie-Sissi Labrèche accorde énormément d’importance au rôle qu’a eu sa famille sur son métier d’écrivaine. Ses parents, qui souffraient de troubles psychotiques, l’ont amenée à vivre des émotions fortes, des émotions en « montagnes russes ». Pour elle, écrire est une façon de guérir et d’expier le passé. « Je n’écris pas pour comprendre mes parents, mais pour m’en débarrasser. […] C'est une façon de retirer le lien toxique qui était là », raconte-t-elle.

Louise Dupré, Marie-Sissi Labrèche et Martine DelvauxAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Louise Dupré, Marie-Sissi Labrèche et Martine Delvaux

Photo : Radio-Canada / Hamza Abouelouafaa

Références:
Larguer les amours (Nouvelle fenêtre), Marie-Sissi Labrèche, Tête première, 2017
L'album multicolore (Nouvelle fenêtre), Louise Dupré, Héliotrope, 2014
Le monde est à toi (Nouvelle fenêtre), Martine Delvaux, Héliotrope, 2017

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