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Marie-Louise Arsenault
Audio fil du jeudi 7 septembre 2017

Le rôle crucial du professeur d'Albert Camus

Publié le

Un portrait de l'écrivain français Albert Camus, en 1957.
Un portrait de l'écrivain français Albert Camus, en 1957.   Photo : Getty Images / AFP/Getty Images

Camus ne serait pas Camus s'il n'avait pas connu son professeur Louis Germain, laisse entendre l'auteur, compositeur et interprète Thomas Hellman. Il profite de la rentrée scolaire pour nous parler de la relation singulière qu'entretenait l'auteur de L'étranger avec son maître de classe. Il dresse ainsi le portrait d'un jeune homme avide de savoir, mais prisonnier de sa condition sociale à Alger.

Le professeur Louis Germain a chamboulé la vie d’Albert Camus. Il l'a encouragé à étudier, lui a donné des cours particuliers, l'a aidé à obtenir des bourses pour le lycée et l'a surtout poussé à exploiter son plein potentiel. En 1957, lorsqu’il a reçu le prix Nobel de littérature, Camus a dédié cet immense honneur, dans une lettre touchante, au premier instituteur à avoir cru en lui, Louis Germain.

Lettre d'Albert Camus

« Cher Monsieur Germain,
J'ai laissé s'éteindre un peu le bruit qui m'a entouré tous ces jours-ci avant de venir vous parler un peu de tout mon cœur. On vient de me faire un bien trop grand honneur, que je n'ai ni recherché ni sollicité. Mais quand j'ai appris la nouvelle, ma première pensée, après ma mère, a été pour vous. Sans vous, sans cette main affectueuse que vous avez tendue au petit enfant pauvre que j'étais, sans votre enseignement, et votre exemple, rien de tout cela ne serait arrivé. Je ne me fais pas un monde de cette sorte d'honneur, mais celui-là est du moins une occasion pour vous dire ce que vous avez été, et êtes toujours pour moi, et pour vous assurer que vos efforts, votre travail et le cœur généreux que vous y mettiez sont toujours vivants chez un de vos petits écoliers qui, malgré l'âge, n'a pas cessé d'être votre reconnaissant élève.
Je vous embrasse, de toutes mes forces. » - Albert Camus, 19 novembre 1957

Réponse (partielle) de son instituteur Louis Germain

« Mon cher petit. [...] Je ne sais t'exprimer la joie que tu m'as faite par ton geste gracieux ni la manière de te remercier. Si c'était possible, je serrerais bien fort le grand garçon que tu es devenu et qui restera toujours pour moi "mon petit Camus". » - Louis Germain, 30 avril 1959

Référence :

Le premier homme, Albert Camus, Gallimard, parution posthume 1994

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