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Plus on est de fous, plus on lit!

Avec Marie-Louise Arsenault

En semaine de 13 h à 15 h
(en rediffusion du mardi au vendredi à 1 h et le samedi à 20 h)

L'air du temps avec Alain Farah : le rôle du professeur

Il sourit au micro.

Le professeur et écrivain Alain Farah

Photo : Radio-Canada / Hamza Abouelouafaa

« Quel défaut d'empathie collectif, quand même, dans cette histoire. J'ai calculé : il y a 764 autres mots en n dans le dictionnaire, si c'est ça le trip. Black face, Slav, maintenant ça. C'est lourd. Des vaincus centenaires arrivent enfin au début de leur parole, et on s'obstine pour un mot... » Après trois saisons de Sur le terrain en compagnie de Sarah Berthiaume, Alain Farah est de retour en solo cette année pour réfléchir à ce qui fait l'air du temps. Aujourd'hui, il s'interroge sur le rôle du professeur et se prononce sur la polémique autour du mot en n.

Un extrait de son monologue :

Je suis écrivain avant d’être professeur, je l’ai souvent répété, peut-être justement pour fuir un peu mes responsabilités. Aujourd’hui, j’ai envie de parler de ma profession, surtout qu’elle est d’actualité! J’aurais pu être d’actualité, Louise, j’aurais pu écrire une lettre moi aussi dans les journaux!!! J’aurais pu rejoindre les 750 professeurs qui ont signé une défense de la liberté académique, j’aurais pu me rallier à ceux qui depuis la chronique d’Isabelle Hachey et la déplorable décision de suspendre la prof Lieutenant-Duval. J’aurais pu me rallier au camp des préoccupés.

Les préoccupés s’inquiètent beaucoup de ne pas pouvoir dire certains mots en classe. Ils écrivent des lettres pour dire que bientôt on ne pourra plus rien dire, que la liberté académique est vraiment mise en grave péril, que c’est le plus scandaleux des scandales de confisquer momentanément un mot, un seul mot, le mot de trop à nous confisquer alors que c’est le premier et le seul sans doute qu’on nous confisquera, et que cette confiscation qui fait si peur à la corporation des professeurs devrait les éveiller au fait qu’il doit être très très souffrant pour certains et certaines de leurs élèves d’avoir vu leurs chances d’évoluer librement détruites par toutes sortes de mécanismes que ces profs, plus que quiconque, sont en mesure d’analyser et de combattre.

Mais non : un mot parmi les milliers de mots qu’on peut utiliser, mais non… C’est un dangereux précédent! La société est au seuil de l’effondrement! L’université aussi! Comment faire, soudain, pour enseigner la négritude, disent les professeurs qui professent et les animateurs qui animent. Depuis une semaine, on apprend qu’un nombre insoupçonné de mes collègues rêve d’enseigner Césaire et Senghor, ou de citer le premier roman de Laferrière ou l’essai fameux de Vallières…

Que d’énergie perdue et quelle vision de l’université comme sas à l’extérieur du monde…

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