•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Lettre à Virginia Woolf : l’hommage de Fanny Britt

Plus on est de fous, plus on lit!

Avec Marie-Louise Arsenault

En semaine de 13 h à 15 h
(en rediffusion du mardi au samedi à 1 h et le samedi à 19 h)

Lettre à Virginia Woolf : l’hommage de Fanny Britt

Elle sourit au micro.

L'autrice et dramaturge Fanny Britt

Photo : Radio-Canada / Hamza Abouelouafaa

Fanny Britt a été profondément marquée et transformée par les lectures d'Une pièce à soi et de Mrs Dalloway. L'autrice et dramaturge profite de l'heure consacrée à l'œuvre de Virginia Woolf pour adresser à cette dernière une longue lettre qui la remercie pour son apport à la littérature, à la condition des femmes et aux réflexions féministes.

Un extrait de la lettre de Fanny Britt :

Ce que je veux dire c’est que ça arrive que tu m’empêches d’être légère, Virginia
Mais tu m’empêches aussi d’être complaisante
Pis satisfaite
Pis paresseuse

Tu le sais pas
Mais les roches
Dans les poches de ta veste
Celles qui t’ont fait couler au fond de l’Ouse, ta rivière
Elles sont pas restées là
Elles ont traversé les années
Les continents

Combien de femmes qui écrivent aujourd’hui les connaissent
Tes roches
Les déposent sur le rebord de leurs fenêtres
Les contemplent comme on se réchauffe à une flamme
Les exposent comme on avertit secrètement nos alliées qu’ici, en ce lieu, elles seront accueillies

Tes roches t’ont entraînée dans les profondeurs
Mais nous, elles nous élèvent
Nous solidarisent
La pugnacité que nous tirons de la douleur est l’arme secrète de notre sororité
Celle qu’ils ne pourront pas nous arracher
Parce qu’avant qu’ils nous attrapent nous nous serons envolées

Virginie Despentes a écrit que dans tes textes
« On est toujours entre frontières
On survole les habitations sans toits, et les cerveaux ouverts à tout vent »
Elle écrit ensuite :
« Woolf se réfère beaucoup à l'eau, mais c'est l'air qui régit ses textes
Le ciel
Là d'où les morts nous regardent »

Tu es celle qui nous regarde, Virginia
Nous te voyons
Et tu nous vois.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Vous aimerez aussi