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Citoyens d’origine haïtienne : l’appel aux alliés, de Martine St-Victor

Plus on est de fous, plus on lit!

Avec Marie-Louise Arsenault

En semaine de 13 h à 15 h
(en rediffusion du mardi au vendredi à 1 h et le samedi à 20 h)

Citoyens d’origine haïtienne : l’appel aux alliés, de Martine St-Victor

La femme aux lunettes sourit à l'animatrice.

Martine St-Victor livre un texte poignant sur la beauté d'Haïti.

Photo : Radio-Canada / Christian Côté

La stratège en communication et chroniqueuse Martine St-Victor consacre un « Micro ouvert » au 7 février, une date importante dans l'histoire d'Haïti. Ainsi, en 1986, le dictateur Jean-Claude Duvalier quittait finalement, et de force, le pouvoir et, de surcroît, le pays. En 1991, à cette même date, le président Jean-Bertrand Aristide a été investi, le premier président élu démocratiquement. Depuis, le 7 février a souvent été marqué par des manifestations et des revendications en Haïti.

Citoyens d’origine haïtienne

Bonjour Paris. Bonjour Boston. Bonjour New York et Miami. Bonjour, Montréal.

En fait, ce n’est pas à vous, importantes métropoles que je m’adresse, mais plutôt à vos citoyens d’origine haïtienne. Au total, dans vos villes et dans des pays comme la République dominicaine, le Brésil, le Mexique, Cuba, le Chili et les Bahamas, ils sont deux millions. Les premiers sont arrivés au début des années 60 et depuis, ils sont devenus des nu-cléo-tides de vos ADN respectifs.

Chère Diaspora, je vous salue.

La Banque Mondiale confirmait récemment qu’en 2018, vous avez envoyé près de 3 milliards de $ en Haïti. C’est 30 % de son produit intérieur brut.

Votre déracinement a été rentable pour la France, pour les États-Unis, pour le Canada et pour les autres pays ou l'on vous retrouve. Mais il devrait aussi, au-delà de ses 3 milliards de dollars, servir au développement durable de votre pays d’origine. L’aide internationale en Haïti a été un échec. Maintenant qu’on le sait, quoi faire?

Vous êtes le lien entre vos amis d’ici et vos souvenirs de là-bas et vous avez fait de ses amis, des alliés – en les introduisant à Lahens, Laferrière et à Franketienne. Au griot et à la soupe joumou. Aux peintures de Préfète Duffaut et à celles de Philomé Obin. À la musique rara et au compas.

Et parce que trop souvent dans les médias c’est ce qui cloche et non ce qui rayonne qu’on montre du pays, vous – précieux alliés – et nous – membres de la diaspora – devons nous faire les porte-étendards du beau et du bien – mais nous nous devons aussi de manifester – de manière efficace et concluante – contre l’injuste et l’intolérable qui coexistent en Haïti, aux côtés de ses attraits touristiques, de sa riche culture et de son Histoire – elle qui a été essentielle au développement de tant d’autres.

Exigeons davantage du Ministère des Haïtiens Vivant À l’Étranger. Monsieur le Ministre!: montrez-nous un plan, de la transparence et des réformes.

Nous avons le devoir de faire rayonner ce côté créole de l'île d'Hispaniola, et d’en être des ambassadeurs de facto. Parce que si ce n’est pas nous, qui le fera?

Mettons-nous ensemble pour créer une vraie force – un leadership citoyen moral et économique, qui accompagnera celui qui existe en Haïti, mais qui s'essouffle, parce que souvent, le découragement a ça comme effet. Et si toutefois nous avions besoin d’un rappel de ce qu’un leadership moral peut être, souvenons-nous qu’il y a exactement 34 ans aujourd’hui, le dictateur Jean-Claude Duvalier fuyait Haïti. Il avait souhaité que sa cavale l'amène au Canada, mais Brian Mulroney, le premier ministre de l’époque, lui a interdit l'accès. C’est donc dans la France de François Mitterrand que Baby Doc trouvera refuge.

Et comme je suis au micro d’une émission qui célèbre les mots, leur importance et leur impact, je vous laisse avec ceux de Justin Lhérisson, auteur de La Dessalinienne, l’hymne national d'Haïti:

« Annou maché men nan lamen, pou Ayiti ka vin pi bèl. Annou met tèt ansanm pou Ayiti, o nom toute z’ansèt yo »

« Marchons unis, Marchons unis / Pour le Pays, Pour les ancêtres / Marchons, marchons unis / Pour les Aïeux, pour la Patrie. »

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