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Marie-Louise Arsenault
Audio fil du lundi 12 décembre 2016

Se dire arabe au Canada : le parcours de la discrimination

Publié le

La couverture du livre de Houda Asal, qui était dans nos studios.
La couverture du livre de Houda Asal, qui était dans nos studios.   Photo : PUM / Pascal Michaud

« Les Arabes ne sont pas sortis du racisme, de cette minorité "racisée", comme le disent les sociologues », observe la chercheuse et historienne du monde arabe Houda Asal, qui a récemment fait paraître l'ouvrage Se dire arabe au Canada : un siècle d'histoire migratoire, où elle explore les 100 premières années de la présence arabe au pays.

La discrimination que l'on peut observer à l’égard de certains immigrants arabes au Canada et au Québec ne date pas d’hier, fait remarquer Houda Asal.

Dès le début du 20e siècle, en 1908, le Canada a mis en place des lois migratoires restrictives et racistes à l'endroit des Asiatiques, principalement les Indiens et les Chinois. Ces lois feront des dommages collatéraux, car les populations issues du Machrek (couvrant l'Irak, la Syrie, le Liban, la Jordanie et la Palestine) en feront également les frais, bien malgré elles.

Avec la création de l’État d’Israël, en 1948, et la naissance du conflit israélo-palestinien, les populations arabes au Canada se retrouveront de plus en plus sous les projecteurs, notamment après la guerre des Six Jours, en 1967.

Or, sans aucune raison particulière, de nombreux immigrants arabes commenceront à se faire coller, à partir de cette époque, l’étiquette de « terroristes. »

« C’est intéressant de rappeler cette histoire, parce qu’à l’époque, ils étaient chrétiens », tient à préciser Houda Asal.

Toute la question de l’islamophobie, de la surveillance des musulmans et du terrorisme n’était même pas encore à l’ordre du jour, mais ils étaient déjà perçus, ou suspectés d’être terroristes, alors que – c’est important de le dire –, il n’y a jamais eu d'incident au Canada.

Houda Asal

Houda Asal se questionne d'ailleurs à savoir pour quelle raison la communauté immigrante arabe au pays n'a jamais été exonérée au fil des époques, à l'instar d'autres communautés, comme par exemple les Italiens.

« Ce qui est particulièrement frappant […], c’est qu’on se demande pourquoi cette population n’a pas été blanchie. Les Italiens sont sortis des minorités "racisées". Aujourd’hui, quand on est Italien, on ne va pas être discriminé en emploi; on peut être en politique, dans les médias, on est partout, alors que les Arabes n'en sont pas sortis. »

Référence :

Se dire arabe au Canada : un siècle d'histoire migratoire, de Houda Asal, Les Presses de l'Université de Montréal, 2016

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