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Marie-Louise Arsenault
Audio fil du mercredi 19 juin 2019

La montée de lait de Manal Drissi : Le scaphandre et le papillon

Publié le

Portrait en couleur de la chroniqueuse Manal Drissi
La chroniqueuse Manal Drissi   Photo : Maude Chauvin

« J'aime notre obsession avec la météo été comme hiver. Notre capacité à faire la file de manière civilisée. Le fait que la déterminante Révolution tranquille soit cousue d'un fil féministe. L'irrévérence des Québécoises. La Gaspésie et la fascination qu'on a avec son trou rocheux. » Pour sa dernière montée de lait de la saison, la formidable Manal Drissi énumère tout ce qui la rend fière d'habiter la Belle Province, une façon bien à elle de réagir aux nouvelles lois votées au parlement.

Extrait de son monologue :

J’ai besoin de croire que même ceux qui ont applaudi dimanche un amendement sans précédent à notre charte et une loi qui entérine la division, que même s’ils croient que cette avenue était pertinente, légitime, urgente et incontournable, j’ai besoin de croire qu’ils savent que nous valons plus et sommes capables de mieux. J’ai besoin de croire qu’ils sont rassurés dans leur angoisse, mais pas fiers.

Je sais de quoi ça a l’air, un Québec fier.

Je l’ai vu en y mettant les pieds, quand mes origines suscitaient de la curiosité sincère plutôt que de la méfiance et qu’on me parlait avec fierté de nos acquis, de nos richesses, de notre unicité.

Je l’ai vu pendant le verglas quand des familles entières se sont réchauffé le cœur ensemble. Je l’ai vu quand 300 000 étudiants ont pris la rue parce qu’ils n’avaient pas voix au chapitre. Je l’ai vu quand des centaines de Québécois se sont joints à moi pour aider une famille de réfugiés à s’installer ici, à lui offrir un filet de survie pendant qu’elle apprenait le français et rencontrait le Québec.

Je ne me doutais pas que j’aurais besoin moi aussi de repartir à sa rencontre. Je ne me doutais pas du repli, le mien et le sien, qui me donne aujourd’hui l’impression qu’il ne reste d’actif dans mon identité québécoise que ma paupière gauche.

Heureusement qu’avec une paupière, on peut encore dire je t’aime.

Heureusement qu’avec une paupière, on peut écrire la suite d’une histoire.

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