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Marie-Louise Arsenault
Audio fil du mercredi 19 juin 2019

Discussion : l'essai Le naufrage des civilisations, d'Amin Maalouf

Publié le

Il sourit à la caméra. Il porte un veston et une cravate jaune.
L'écrivain Amin Maalouf   Photo : Radio-Canada / Hamza Abouelouafaa

« Je suis fasciné par le progrès, et en même temps, je sens que l'on piétine, que l'on régresse d'un point de vue des mentalités. » L'académicien Amin Maalouf pose un regard empli de lucidité sur notre siècle dans son dernier essai, Le naufrage des civilisations. À la lumière de sa propre histoire, l'auteur des Identités meurtrières tente de pointer les travers de nos sociétés, celles qui l'entraînent toujours un peu plus vers les abysses.

Beyrouth
Jour pour jour, il y a 43 ans, Amin Maalouf quittait son Liban natal pour refaire sa vie en France, loin de la guerre. Journaliste à Beyrouth dans les années 70, il se remémore avec nostalgie la qualité de vie commune dans le quartier cosmopolite de son enfance. « Il y avait une véritable osmose, une harmonie et une volonté réelle des gens de connaître les autres, de s’imprégner de cultures différentes », dit-il.

La guerre
En 1976, la guerre civile éclate, forçant le journaliste à partir en urgence sur un navire qui file vers Chypre. « Je ne pensais pas quitter un jour mon pays. En quelques semaines, j’ai basculé. […] Je n’avais pas envie que mes enfants prennent les armes », explique-t-il.

Goncourt
Arrivé à Paris, il décroche un emploi dans un journal et obtient sa première consécration en tant qu’auteur avec Les croisades vues par les Arabes, essai qui sera publié en 1983. Dix ans plus tard, il obtient le Goncourt pour son roman Le rocher de Tanios, un moment crucial dans sa carrière. Il se souvient que lorsque son nom a retenti à la radio pour annoncer le gagnant, il était si fébrile qu'il n'a pas réagi. « C’était un moment d’émotions incroyable. J’étais assourdi par l’émotion », raconte-t-il.

Le naufrage des civilisations
« Je sentais que ce serait le problème central du 21e siècle. » Homme d’intuition, Amin Maalouf avait vu juste avec son livre Les identités meurtrières, paru en 1998. Dans des sociétés de plus en plus cosmopolites, il savait que les questions identitaires prendraient de plus en plus d'importance.

L’idée de la pureté est dangereuse. L’identité n’est pas faite d’une appartenance, mais de toutes nos appartenances. On a le devoir de les faire cohabiter.

Amin Maalouf

L’écrivain poursuit sa réflexion sur les identités dans Le naufrage des civilisations, publié chez Grasset. « Mon livre n’est pas fait de désespoir, mais de lucidité. Il faut se rendre compte de nos problèmes pour les résoudre. Nous avons les moyens de le faire. Le problème se passe dans les mentalités », constate-t-il.

Le naufrage des civilisations, Amin Maalouf, Grasset, 13 mars 2019 en Europe / 10 juin 2019 au Canada

Résumé de l'éditeur : L’Amérique, bien qu’elle demeure l’unique superpuissance, est en train de perdre toute crédibilité morale. L’Europe, qui offrait à ses peuples comme au reste de l’humanité le projet le plus ambitieux et le plus réconfortant de notre époque, est en train de se disloquer.

Le monde arabo-musulman est enfoncé dans une crise profonde qui plonge ses populations dans le désespoir, et qui a des répercussions calamiteuses sur l’ensemble de la planète. De grandes nations « émergentes » ou « renaissantes », telles la Chine, l’Inde ou la Russie, font irruption sur la scène mondiale dans une atmosphère délétère où règne le chacun-pour-soi et la loi du plus fort.

Une nouvelle course aux armements paraît inéluctable. Sans compter les graves menaces (climat, environnement, santé) qui pèsent sur la planète et auxquelles on ne pourrait faire face que par une solidarité globale qui nous fait précisément défaut...

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