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Plus on est de fous, plus on lit!

Avec Marie-Louise Arsenault

En semaine de 13 h à 15 h
(en rediffusion du mardi au vendredi à 1 h et le samedi à 20 h)

La montée de lait de Manal Drissi : la résistance

Audio fil du jeudi 23 mai 2019
Elle sourit au micro.

La chroniqueuse Manal Drissi

Photo : Radio-Canada / Hamza Abouelouafaa

« Quelle justice peut-il y avoir dans une société où le contrôle des femmes est inscrit dans la loi, qui plus est par des hommes qui ne sauraient faire la différence entre un vagin et une vulve même si leur vie en dépendait? » Manal Drissi sort de sa torpeur le temps d'une montée de lait contre la loi antiavortement qui vient de passer en Alabama. Loin d'abdiquer devant ce recul, la chroniqueuse invite les femmes à la résistance.

Extrait de son monologue :

On dit d’une femme qui accouche qu’elle donne la vie, comme si elle se soustrayait à elle-même pour se donner en cadeau. Comme c’est romantique. Mais au risque de vous arracher vos lunettes roses, une femme qui accouche ne fait rien de plus que se réapproprier son corps. Avis d’éviction immédiat et non négociable.

Il faut avoir vu s’assombrir le regard d’une femme qui met toutes ses forces à se délivrer pour saisir que son combat n’est pas celui du don de soi, mais de la reprise de soi. Une femme qui reprend possession de son corps ne connaît ni orgueil, ni pudeur, ni demi-mesure.

[…]

Aujourd’hui comme hier, des femmes, des hommes et encore des femmes se tiendront debout autour de celles dont on a courbé l’échine. Chaque faille qu’infiltre le pouvoir pour nous faire de l’ombre sera inondée de lumière.

C’est peut-être ça qu’on omet trop souvent, dans ce monde effréné de nouvelles en continu, la lumière qui jaillit du recul. Nous savons déjà comment faire, nous savions déjà qu’il faudrait se tenir prêts à recommencer, et il y aura toujours des alliés pour aller au front de la dignité et en revenir victorieux.

Partout où les aiguilles à tricoter et les bains bouillants et les coups de poing dans le ventre redeviendront les seuls outils de notre délivrance, nous perdrons en orgueil, en pudeur et en demi-mesure, notre regard s’assombrira et nous pousserons de toutes nos forces et main dans la main jusqu’à expulser la loi de nos tripes, jusqu’à pleinement s’appartenir et, watch us, infiltrer le safe space du pouvoir pour lui servir le placenta de sa misogynie dans un smoothie aux fraises.

À écouter : L'événement, d'Annie Ernaux : le récit frontal d’un avortement clandestin

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