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Marie-Louise Arsenault
Audio fil du vendredi 26 avril 2019

Les conseils d’Alix Dufresne pour contrer la solitude urbaine

Publié le

La jeune femme lit son texte sur une feuille de papier.
La dramaturge Alix Dufresne lit une lettre qu'elle a écrite pour lancer la production de son spectacle Parle à ton voisin : garden party libérateur.   Photo : Radio-Canada / Christian Côté

La dramaturge et metteuse en scène Alix Dufresne lit un extrait du spectacle d'ouverture du 18e Festival du Jamais Lu, Parle à ton voisin : garden-party libérateur. Le thème du festival cette année, qui aura lieu du 2 au 11 mai au Théâtre Aux Écuries, à Montréal, est « Franchir les solitudes ».

« On vit collés les uns sur les autres. J’habite dans Villeray, c’est ultra dense, et je ne connais pas mes voisins », raconte Alix Dufresne, qui propose sur scène une fête de ruelle où elle a demandé à neuf autrices et auteurs d’écrire une lettre à leurs voisins. Dans son inédit, Alix Dufresne nous fait part de la lettre qu’elle a écrite aux auteurs et qui décrit la mission qu’elle leur a donnée.

Salut voisine, salut voisin,

Bienvenue dans l’aventure de la Soirée d’ouverture du Jamais Lu. C’est ta première fois? Moi aussi.

Ensemble, j’aimerais qu’on s’imagine dans un juillet ragaillardi, qu’on mette nos sandales sentimentales, qu’on détache notre ceinture morale, qu’on enfile le bermuda de l’impertinence et qu’on se fasse une grosse fête de ruelle de voisins. Un garden-party de lettres ouvertes à ceux qui partagent notre espace, mais à qui on ne parle pas toujours.

That’s right.

Cette année, j’aimerais qu’on se penche ensemble sur l’idée de parler à son voisin. J’aimerais qu’on essaie de franchir la gêne, la timidité, la peur, la colère ou le dégoût qui font qu’on peut partager une maison, un bloc, une rue, un quartier, une ville, une province, même un pays avec quelqu’un et ne jamais lui parler.

Des voisins, c’est quoi?

Ben, ce sont souvent des personnes dont les lieux d’habitation sont géographiquement proches les uns des autres.

Ça peut aussi tout simplement être une personne qui se trouve à côté d’une autre, même temporairement, comme un voisin de classe ou de siège dans le bus.

Mais tu sais, un voisin, ça peut aussi être un groupe, un peuple ou un pays qui est établi à proximité d’un autre.

Alors, vas-y. Écris une lettre à ton voisin. Une lettre à ce que TU considères être un voisin. Ça peut être un groupe de gens à qui tu n’as jamais parlé, ça peut être quelqu’un avec qui tu partages ta maison, ça peut être une personne avec une fonction, OU PAS. C’est toi qui choisis. La seule règle : tu libères quelque chose quand tu lui écris. Tu peux libérer ta colère envers ton voisin. Tu peux libérer ton amour pour lui. Tu peux libérer une parole que tu ne lui as jamais dite, mais ça doit te faire du bien quand tu la dis. Attention! N’enfonce pas de porte déjà ouverte, prends des risques, commets-toi; entre voisins, on ne juge pas.

Tu peux avoir des voisins bruyants ou sympathiques.
Des voisins de palier, de table, d'hôpital.
Tu peux passer des choses à ton voisin.
Tu peux t’entraider, entre voisins.
Tu peux alerter tes voisins.
Tu peux copier sur ton voisin.
Tu peux demander quelque chose à ton voisin.
Tu peux empiéter sur ton voisin.
Tu peux importuner tes voisins.
Tu peux jalouser le sort de ton voisin.
Tu peux épier ton voisin.
Tu peux fréquenter tes voisins.
Ta lettre peut-être déchaînée comme un coup de balai au plafond,
susurrée comme une invitation à travers une tenture de v’lours
ou passive-agressive comme une note anonyme sur un palier.
Ta lettre peut être politique, poétique, polémique, épique.
Ta lettre doit durer six minutes quand elle est lue.
Tu vas lire ta lettre toi-même.
Dans le party de ruelle.
Et ça va être génial.
Parce que ce sera ta lettre à toi.

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