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Place publique

En semaine de 15 h à 18 h

Un plan vert pas assez ambitieux, mais assumé, selon un professeur de l'UQAC

Rattrapage du lundi 16 novembre 2020
François Legault et Benoit Charette.

Le premier ministre du Québec, François Legault, et le ministre de l'Environnement, Benoit Charette, ont présenté le plan du gouvernement pour une économie verte.

Photo : La Presse canadienne / Paul Chiasson

Le directeur des programmes d'études de cycles supérieurs en éco-conseil de l'Université du Québec à Chicoutimi (UQAC), Jean-François Boucher, n'est pas prêt à condamner le plan vert déposé lundi par le gouvernement Legault, même s'il reconnaît qu'il n'est pas assez ambitieux.

Le gouvernement du Québec s'est doté d'une enveloppe de 6,7 milliards de dollars, sur cinq ans, pour mettre en oeuvre diverses politiques pour réduire les émissions polluantes.

Jean-François Boucher était l'invité de Catherine Doucet lors de l'émission Place publique. Il se spécialise en gestion du carbone forestier et en atténuation des émissions de gaz à effet de serre

Je ne suis pas prêt à condamner ce que j'ai pu voir et comprendre du plan jusqu'à maintenant. D'emblée, le plan actuel n'est pas assez ambitieux et il est assumé comme étant pas assez ambitieux, parce que le gouvernement a annoncé : "Voici, on a des efforts à faire de 37,5 % comme réduction d'ici 2030 par rapport à 1990. Ça équivaut à peu près à 24 millions de tonnes de CO2 équivalent par année à réduire. Nous ce qu'on vous annonce c'est que d'ici cinq ans, on va faire la moitié du chemin", a-t-il mentionné.

Le plan a été critiqué par plusieurs groupes environnementaux à la suite de l'annonce. Il a aussi été dénoncé par le député péquiste de Jonquière, Sylvain Gaudreault.

Quant à M. Boucher, il admet que le gouvernement a moins de cibles faciles pour réduire les émissions, car le Québec fait déjà des bonnes choses. L'hydroélectricité fait en sorte que nous sommes déjà relativement sobres en carbone. C'est-à-dire qu'on est la moitié en moyenne au Québec, en termes d'émission de gaz à effet de serre per capita, que ce qu'on peut comptabiliser pour le Canadien moyen, a-t-il analysé.

Québec mise beaucoup sur l'électrification des transports. Selon M. Boucher, il y a également de gros gains à faire du côté industriel, notamment en misant sur le biocharbon comme l'a fait récemment Elkem, avec un investissement de 17 M$ pour développer cette filière. Selon lui, l'industrie doit délaisser graduellement l'énergie combustible fossile pour de la bioénergie. Mais là il faut faire en sorte que la bioénergie soit au rendez-vous, c'est à dire que le prix soit intéressant et que la technologie soit présente et qu'l y ait un réseau de distribution. Et pour ça on est une terre remplie de promesses au Québec parce qu'on a notamment les résidus forestiers.

Tournée des bureaux

Par ailleurs, le Mouvement d’éducation populaire et d’action communautaire du Saguenay-Lac-Saint-Jean (MÉPAC SLSJ), tout comme les dix autres tables régionales, a participé à une journée d’actions visant à demander au gouvernement d’accorder autant de valeur au savoir scientifique concernant la crise environnementale qu’à celui entourant la crise sanitaire causée par la COVID-19. Des membres se sont rendus devant les bureaux des quatre députés caquistes de la région.

Si le gouvernement du Québec a été capable d’écouter les experts scientifiques et de réagir rapidement pour protéger la population contre une menace dont il a pris connaissance il y a moins d’un an, pourquoi peine-t-il autant à écouter la même communauté scientifique qui sonne l’alerte depuis des années sur les effets dévastateurs du réchauffement planétaire?

C'est ce qu'avaient à demander aux élus Jennifer McKenna et Nore Duchesne du MÉPAC SLSJ.

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