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Phare Ouest

Avec Marie Villeneuve

En semaine de 6 h à 9 h

La surpêche entraîne un déclin rapide des fruits de mer, selon une étude de l'UBC

Rattrapage du jeudi 23 juillet 2020
Daniel Pauly, dans son bureau de l'Institut pour les océans et les pêcheries de l'Université de la Colombie-Britannique.

Le biologiste Daniel Pauly a été nommé Scientifique de l'année de Radio-Canada en 2016 « pour avoir dévoilé l'ampleur véritable de la surpêche dans les océans de la planète ».

Photo : Radio-Canada / Paul Préfontaine

De nombreuses espèces de poissons et de fruits de mer de consommation courante sont en déclin dans le monde entier.

Une récente étude menée notamment par des chercheurs de l'Université de la Colombie-Britannique tire la sonnette d'alarme sur la disparition rapide de produits de la mer très populaires sur les marchés comme le poulpe commun, le strombe rose ou l'hoplostète orange, généralement vendu sous le nom d'empereur.

L'étude a révélé que sur les 1300 populations de poissons et d'invertébrés analysées, 82 % étaient inférieures aux niveaux qui permettraient d'assurer des rendements maximaux durables.

« On a tellement pêché qu'on a réduit le capital qui nous fournissait le rendement maximal »,
dit Daniel Pauly, chercheur principal de l'initiative Sea Around Us à l'Institut pour les océans et les pêcheries de l'Université de la Colombie-Britannique et l'un des coauteurs de cette étude.

Cette surpêche généralisée finit par attaquer profondément les stocks disponibles empêchant un renouvellement pour maintenir les niveaux de populations de façon durable.

« C’est triste, car les pêcheries mondiales qui font ça, elles sont toutes financées par des gouvernements », affirme le chercheur.

Daniel Pauly fait remarquer que cet argent pourrait servir à financer d’autres choses telles des écoles ou des infrastructures. « Mais on dépense pour financer une manière de pêcher qui est de la surpêche et qui ensuite rapporte moins de poissons que les attentes initiales », dit-il.

Le chercheur décrit « une bêtise envahissante qu’on retrouve partout ».

Bien que les chercheurs élaborent des solutions pour soutenir les stocks de poissons et renverser les effets de la surpêche, Daniel Pauly explique qu’ils constatent qu’elles ne sont pas appliquées par les gouvernements.

Les gouvernements comme le Canada passent des lois pour maintenir la biodiversité, mais elles sont adoptées avec des exceptions en raison des pressions de groupes de pression ce qui rend les mesures législatives inapplicables, dit l’expert.

Selon lui, il faut des mesures d’interdiction pour vraiment contrer les effets négatifs des surpêches, de la même manière, ajoute-t-il, qu’on a eu à légiférer sur les limites de vitesse en imposant des interdictions. « Il ne suffit pas de dire qu’il faut cesser de le faire pour que les pêcheurs suivent des recommandations », souligne M. Pauly.

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