Vous naviguez sur l'ancien site
Aller au menu principal Aller au contenu principal Aller au formulaire de recherche Aller au pied de page
Ici Radio-Canada Première

Contrôleur audio

Extension Flash Veuillez vous assurer que les modules d'extension (plug-ins) Flash sont autorisés sur votre navigateur.

Chargement en cours

Karyne Lefebvre
Audio fil du dimanche 26 mai 2019

Utiliser des mots qui choquent pour engendrer le changement

Publié le

Une personne tient une pancarte sur laquelle on peut lire : « Urgence climat ».
Plus d'un millier de manifestations sont prévues le 15 mars à travers le monde. Ce mouvement de grève pour le climat prend de plus en plus d'ampleur.   Photo : Reuters / Charles Platiau

« Les petites actions, ça fera. Il y a des dizaines de Québécois qui sont morts l'été dernier à cause de la chaleur accablante. C'est une urgence climatique; je ne sais plus comment le dire autrement », répond Thomas Leblanc à Meeker Guerrier, qui parle du sentiment de culpabilité de la population et des actions qu'on peut mettre en place.

L’équipe aborde le sujet car, dernièrement, le journal The Guardian a décidé de parler d’« urgence climatique » plutôt que de « changements climatiques ». Même chose du côté des États-Unis avec le débat sur l’avortement. On parle de « pro-choix » et de « pro-vie ». Il y a aussi la diversité qui est de toutes les tribunes. Mais ces mots engendrent-ils vraiment un changement?

« Ça peut être contre-productif », dit Meeker Guerrier. « Non », réplique Thomas Leblanc. « On le répète depuis combien d’années? Je suis d’accord avec Thomas », ajoute Catherine Trudeau.

Les prochains mots qui s’en viennent, [ce sont] "catastrophe climatique". [...] On est rendu là, et ces mots ne sont pas assez forts pour le décrire.

Melissa Mollen Dupuis

Toutefois, les études montrent que l’usage de mots plus forts n’engendre pas de changements concrets. Il faudrait plutôt suggérer des gestes bien spécifiques à mettre en place dans son quotidien.

Antoine Robitaille, chroniqueur et chef du bureau d’enquête à l'Assemblée nationale du Québec pour Le Journal de Montréal et Le Journal de Québec, est aussi un fin observateur de l'usage des mots en politique et en journalisme. Il ajoute son grain de sel à une discussion déjà bien lancée.

L'éditorialiste Antoine Robitaille
L'éditorialiste Antoine Robitaille Photo : Radio-Canada/Laurent Boursier

« C’est toute une discussion que vous avez. J’ai l’impression que c’est un vieux problème, qui est la quête de l’égalité. On met l’accent sur ce qui nous réunit ou sur les faits? » réagit-il.

Antoine Robitaille suggère de rester vigilant et de se demander qui veut utiliser le mot en question, et pour quelle raison.

Chargement en cours