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Karyne Lefebvre
Audio fil du dimanche 12 mai 2019

Boire de l’alcool à la télévision dérange

Publié le

Le verre est posé sur un fond bleu.
Un verre de vin entouré de fil barbelés   Photo : getty images/istockphoto / Pavel Abramov

« Que les gens boivent dans les scènes de fiction, ça ne me dérange pas. À la télévision, je trouve que c'est un peu plus problématique », dit Thomas Leblanc, qui croit que le problème vient de la publicité destinée à encourager les gens à consommer de l'alcool. Il rappelle que ce produit cause des problèmes de santé publique.

Il est courant de boire du vin au petit et au grand écran : dans les émissions de cuisine ou de variétés, les séries télévisées et les films. On discute de ce sujet en compagnie de Caroline Robert, doctorante en histoire à l’Université du Québec à Montréal. C'est la sortie du film Wine Country, sur Netflix, qui a généré cette discussion.

Est-il difficile de refuser de boire de l’alcool quand on nous offre un verre à la télévision ou dans la vraie vie? « Oui, énormément. Il y a une forte pression sociale, surtout chez les jeunes, lors des initiations universitaires », soutient Caroline Robert.

La jeune femme porte des écouteurs et parle dans un micro à la radio.
Caroline Robert est doctorante en histoire à l’Université du Québec à Montréal. Photo : Radio-Canada/Christian Côté

La spécialiste rappelle que dans nos sociétés occidentales, le rapport à l’alcool est complexe. « On a besoin d’en parler, car principalement au Québec, on n’en parle pas assez. »

Du vin sur les plateaux de télévision

Sur les plateaux de plusieurs émissions de variétés, on offre de l’alcool aux invités. « On associe la consommation d’alcool à la confidence, à la célébration », a constaté Catherine Trudeau.

Celle-ci souligne que le fait de ne boire que de l’eau suscite des questions.

C’est suspect de ne pas boire. "Est-ce qu’elle est enceinte? A-t-elle arrêté de boire?" [...] C’est plus compliqué d’expliquer pourquoi tu ne bois pas. Tu acceptes et tu n’en prends qu’une gorgée.

Catherine Trudeau

La comédienne croit qu’on envoie le message qu’il faut boire de l’alcool pour se confier et avoir du bon temps.

Je pourrais avoir autant de plaisir avec un shooter de smoothie vert.

Catherine Trudeau

Certaines personnes ne boivent pas au petit écran à cause d’une situation spéciale. Par exemple, Melissa Mollen Dupuis a refusé le verre de vin qu'on lui a proposé lors de son passage à Tout le monde en parle, non seulement parce que le sujet ne s’y prêtait pas du tout, mais aussi en raison de l’image des Autochtones avec l’alcool.

L’alcool, un lubrifiant social

Noémi Mercier rappelle que l’histoire d’une des pièces de théâtre les plus populaires du Québec, Broue, est liée à la consommation d’alcool. « L’alcool sert à délier des langues », dit-elle.

« La taverne est un lieu de rendez-vous. Tu t’y rends pour boire et pour te confier », ajoute Catherine Trudeau.

Évidemment, on doit faire la différence entre l’utilisation de l’alcool dans la fiction et celle qui a cours dans les émissions. « Le vin est central dans l’histoire de l’art », mentionne Thomas Leblanc, qui croit qu’on ne peut pas éviter son utilisation.

Par ailleurs, Melissa Mollen Dupuis constate que de nombreux films et séries américaines utilisent l’alcool « pour donner du courage aux hommes et [faire] relaxer les femmes. »

À cet égard, les chiffres montrent que la consommation d’alcool a augmenté chez les femmes, tout comme le taux de mortalité qui y est rattaché.

La présence d’alcool sur nos écrans en est-elle responsable? « On a aussi créé des boissons pour les femmes », souligne Catherine Trudeau.

Nos chroniqueurs et notre invitée s’entendent donc pour dire qu’on doit consommer avec modération et ne plus questionner les gens qui refusent un verre. On pourrait aussi offrir plus d’options sans alcool.

Les références

Les études de Caroline Robert portent sur la régulation de l’alcool et les constructions identitaires associées aux pratiques de la consommation d'alcool au Québec.

Rapport de l’administratrice en chef de la santé publique sur l’état de la santé publique au Canada 2018 : prévenir la consommation problématique de substances chez les jeunes 

Du vin et des jeux : le virage commercial de la SAQ et de Loto-Québec, de Simon Tremblay-Pepin et Bertrand Schepper-Valiquette, Lux



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