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Karyne Lefebvre
Audio fil du dimanche 24 mars 2019

La liberté d’expression artistique peut-elle tout justifier?

Publié le

Deux mains menottées, poings fermés, sur un clavier d'ordinateur
Certains pays utilisent une technologie de filtrage pour censurer certains contenus sur Internet.   Photo : iStock

La récente arrestation de l'auteur et de l'éditeur du roman Hansel et Gretel pour production et distribution de pornographie juvénile a ouvert une discussion sur la liberté d'expression dans le domaine de l'art. L'équipe se demande aussi qui doit décider de ce qui moralement acceptable en matière d'expression artistique.

Mathilde Barraband, directrice du groupe Les écrivains en procès, de l'Université du Québec à Montréal, et professeure au Département de lettres et communication sociale de l'Université du Québec à Trois-Rivières, participe à la discussion.

La femme sourit alors qu'elle parle devant un micro.
Mathilde Barraband, directrice du groupe Les écrivains en procès, de l'Université du Québec à Montréal, et professeure au Département de lettres et communication sociale de l'Université du Québec à Trois-Rivières Photo : Radio-Canada/Cécile Gladel

Des arrestations comme celle de l'auteur Yvan Godbout et de Nycolas Doucet, directeur général des éditions AdA (qui publient Hansel et Gretel), ne se sont pas produites au Québec depuis les années 1960. Ce n’est pas le cas en France, souligne Mathilde Barraband.

On a tendance à croire que quand c’est de la fiction, on entre dans une zone de non-droit. Ce n’est pas du tout le cas. La fiction peut faire passer des messages, donc les juges sont tout à fait sensibles à ces questions. Ils vont regarder si la vocation est artistique ou si l’enjeu de la production est de faire passer un message.

Mathilde Barraband

La professeure ajoute qu’il y a aussi le seuil de la tolérance de la société qui joue un rôle.

Un encadrement ou une censure?

Il existe déjà une forme d’encadrement qui catégorise le contenu artistique, comme c'est le cas avec la Régie du cinéma. Parfois, des chansons et des livres sont aussi accompagnés d’avertissements de violence, de contenu sexuel ou autre. Des étiquettes pour la musique existent, mais elles ne sont pas obligatoires.

« On trouve souvent des avertissements dans les livres, mais ça n’a aucune valeur juridique et ça ne vous protégera pas s’il y a une poursuite », souligne Mathilde Barraband.

La culture de l’avertissement est maintenant répandue. L’objectif de ces mises en garde est d’éviter pour les personnes qui ont vécu des traumatismes de les revivre. Melissa Mollen Dupuis nous raconte d'ailleurs une expérience personnelle à ce sujet.

Peut-on tout écrire?

Par ailleurs, l’arrestation de l’auteur et de l’éditeur de Hansel et Gretel a engendré de nombreuses protestations dans le domaine littéraire, dont celle de Patrick Senécal.

Ce dernier écrit des livres qui renferment des scènes violentes. Il ne décrit pas des scènes sexuelles explicites. Cependant, il n’est pas d’accord avec cette arrestation « On déresponsabilise la population, qui ne pourra plus décider si elle est d’accord ou non », soutient-il.

Il reste persuadé que de telles scènes ne peuvent faire de mal à personne.

Melissa Mollen Dupuis n’est pas d’accord, car des scènes qui impliquent des enfants évoquent de la douleur chez elle.

De son côté, Meeker Guerrier se questionne sur l’objectif de tels écrits. Une discussion qui est loin d’être close...


Les références

We’re Not Gonna Take It, des Twisted Sisters

Hot For Teacher, de Van Halen

Un article du New York Times sur le « trigger warning » mentionné par Noémi Mercier
Le groupe de recherche Les écrivains en procès

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