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Pas banale, la vie!

Avec Isabelle Craig

Brigitte Harrisson : architecte du langage entre les autistes et les neurotypiques

Mercredi 5 juillet 2017 - Le cerveau
Brigitte Harrisson

Brigitte Harrisson

Photo : Radio-Canada

« Si vous demandez à une personne atteinte du syndrome d'Asperger "As-tu des questions?", il va vous poser des questions toute la journée », explique Brigitte Harrisson, travailleuse sociale et autiste de haut niveau diagnostiquée sur le tard. Elle tente de faciliter la compréhension entre les autistes et le reste de la population.

Le temps de se comprendre
« Le cerveau autistique n’est pas connecté comme les autres. Il cherche à se synchroniser en permanence », explique Brigitte Harrisson. Elle-même a mis beaucoup de temps pour comprendre ce qu’elle vivait.

Enfant, elle refusait de porter certains vêtements, et ne pouvait supporter que différents ingrédients soient en contact dans son assiette : « J’ai l’impression qu’ils ont inventé les assiettes à fondue pour les autistes », dit-elle en riant. À la fin de la vingtaine, elle a subi des crises proches de l’épilepsie, et des pensées suicidaires. Mais ce n’est qu’à 39 ans qu’elle a été diagnostiquée autiste.

Construire le code d’un nouveau langage
En tant qu’autiste de haut niveau, elle n’a eu aucun problème au cours de son parcours scolaire, et est devenue par la suite travailleuse sociale. Elle s’est révélée extrêmement efficace à ce poste, notamment car elle n’est pas submergée par l’émotion durant son travail.

Des fois, je disais à des clients : Là, ça fait cinq jours que tu pleures, c’est assez.

Brigitte Harrisson

Sa capacité à transmettre l’information des autistes aux neurotypiques a été saluée, et un collègue lui a suggéré d’écrire un livre à ce sujet. Avec Lise Saint-Charles, rencontrée en 2003, elle a mis au point un langage pour mieux comprendre les autistes. Au départ composé de pictogrammes, le code graphique s’est étoffé pour devenir le Langage SACCADE Conceptuel (LSC).

Selon elle, ce langage permet également aux autistes d’exprimer leur émotion, grâce à l’abstraction des signes. Des parents d’enfants autistes lui ont confié que grâce à ce langage, leur enfant a pu dire qu’il les aimait, pour la première fois.

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