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Rebecca Makonnen
Audio fil du jeudi 25 janvier 2018

Affaire Weinstein : des règles anti-harcèlement sexuel adoptées dans l'industrie du cinéma

Publié le

L'actrice Gal Gadot dans le costume de Wonder Woman, court dans une forêt enfumée, bouclier sur la bras gauche.
L'actrice Gal Gadot dans le rôle de Diana dans le film Wonder Woman.   Photo : Warner Bros. Pictures

« Les nouvelles règles sont absolument les bienvenues. » Le producteur Roger Frappier est catégorique : les lignes directrices anti-harcèlement sexuel proposées par la Producers Guild of America (PGA) (association des producteurs américains) sont nécessaires et s'ancrent dans l'air du temps. Avec l'actrice Magalie Lépine-Blondeau, il commente cette initiative qui a pour objectif d'offrir un meilleur environnement de travail dans l'industrie de la télévision, du film et des nouveaux médias, chamboulée par le mouvement #MeToo (#MoiAussi).

Une industrie en mouvance
« Ce qui m’intéresse beaucoup dans les lignes directrices de ce document, c’est l’intention de créer une rupture claire avec d’anciennes façons de faire », explique Magalie Lépine-Blondeau, qui n’a pas toujours cru que c’était nécessaire d’établir des règles pour créer un environnement de travail sain et sécuritaire. « J’avais l’impression que d’offrir un environnement de travail qui ne porte pas atteinte à la dignité humaine c’était [...] de base, mais semblerait-il que non », dit-elle en référence à une discussion à laquelle elle a participé en novembre dernier à cette même émission. La comédienne s’est ravisée en prenant conscience des lignes directrices qui s’inscrivent dans une logique de solution et de prévention. « J’ai l’impression qu’on est dans le #EtMaintenant », poursuit-elle.

Roger Frappier est aussi d’avis que le document proposé par la PGA répond à la vague de dénonciations qui a frappé Hollywood cet automne. « On dit que le producteur ne peut plus donner le rôle à une actrice contre des faveurs sexuelles. Ça, c’est exactement en ligne avec Harvey Weinstein », explique-t-il. Le producteur reconnaît que sur un plateau de tournage, les membres de la production développent souvent des complicités et des connexions spéciales, mais il insiste sur le fait que certaines lignes sont infranchissables. « Il y a un niveau où le cinéma est propice aux rapprochements et à la proximité, mais il y a un autre niveau avec ce qu’on appelle carrément du harcèlement et tout ce qui n’est pas le bienvenu », affirme-t-il en réitérant l’importance du consentement dans toute relation.

Des mesures encourageantes
Parmi les mesures entérinées par PGA, Magalie Lépine-Blondeau a particulièrement été interpellée par l’invitation au dialogue. Le document anti-harcèlement sexuel encourage les personnes concernées à nommer l’inconfort et propose à la victime potentielle de parler à la personne qui commet l’offense, si elle se sent capable de le faire. « J’aime l’idée que comme société, on cherche à normaliser non pas le petit commentaire déplacé et récurrent qui était ''donc ben juste une blague'', mais qu’il soit normal de dire ''moi, je n’accepterai pas qu’un tel comportement soit toléré et voici pourquoi''. Je trouve que ça nous donne beaucoup de pouvoir. »

Des voeux pieux?
Pour Roger Frappier, ces règles sont utiles, et les appliquer ne relève pas de l’utopie. Il compte informer les gens sur ses prochains plateaux de tournage sur ce qu’est le harcèlement sexuel. « Je pense que c’est la plus grande recommandation pour moi, d’avertir le plateau [que ça ne sera pas toléré] », affirme-t-il. Magalie Lépine-Blondeau trouve l’intention de la PGA bonne. « Les mesures légales, elles existent, il y a des recours, et je trouve que c’est une invitation à s’en servir. »

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