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Rebecca Makonnen
Audio fil du lundi 21 janvier 2019

Assister nu à un spectacle

Publié le

Deux  spectatrices nues, les jambes repliées.
Deux spectatrices lors d'une représentation d'un spectacle de danse de Tangente, où tout le public devait être nu.   Photo : Stéphanie Dufresne

Pour assister à une représentation du spectacle de danse de Dana Dugan et Élian Mata à Tangente, le public a dû se dénuder. C'était la première fois qu'une telle expérience se produisait au Québec depuis 1996, quand l'escouade de la moralité avait forcé l'interruption de Nudité à Espace libre. Discussion avec Stéphanie Dufresne, qui a assisté à la représentation en costume d'Ève, et la critique de danse Catherine Lalonde.

Ça faisait longtemps que Dena Davida, cofondatrice du laboratoire en danse contemporaine Tangente, chérissait l'idée de programmer une représentation durant laquelle le public serait entièrement nu. C'est acoquinée de son ami Michel Vaïs, critique de théâtre et fondateur de la Fédération québécoise de naturisme, qu'elle a fait de ce projet une réalité. Lors de la troisième des quatre représentations du programme triple Forêt (Élian Mata) et MEATmarket + (trans)FIGURation (Dana Dugan), non seulement tous les interprètes étaient nus, mais le public devait également accepter de retirer tous ses vêtements pour entrer dans la salle.

La critique Catherine Lalonde, qui a été conviée à la représentation nue, a finalement opté pour aller voir la première, bien emmitouflée dans ses vêtements. « Il y a deux courants différents, observe la critique, celui des soirées naturistes, qui ouvre des activités culturelles aux gens qui sont déjà adeptes du naturisme, et celui des représentations [à voir] nu, qui s'adressent à des spectateurs lambda qui vivent l'expérience pour la première fois. » Catherine Lalonde fait remarquer que le fait d'être nu change complètement l'expérience du spectateur, qui se retrouve à faire partie du tableau, tel un élément scénographique.

Une réception transformée
« La nudité en danse prend une signification différente dans ce contexte, explique Stéphanie Dufresne, qui a vécu sa première expérience de sortie naturiste à Tangente. Ça induit un rapport d’horizontalité entre le public et les interprètes. » Cette dernière constate que le fait d'être soi-même nu fait qu'on est moins porté à sexualiser le corps des danseurs, et qu'on observe le mouvement corporel avec une plus grande acuité.

Le fait d'être moi-même nue a complètement banalisé la nudité des interprètes. Toute mon attention était entièrement portée sur le mouvement et le langage des corps.

Une tendance qui prend de l'ampleur?
Pendant ce temps, à Paris a eu lieu la première du spectacle Nu et approuvé, mis en scène par Pascale Lievyn, au Palais des Glaces. La comédie théâtrale, dont le sujet n'a aucun rapport avec la nudité, s'adresse spécifiquement à un public naturiste. Des initiatives similaires ont eu lieu notamment au Musée des beaux-arts de Montréal, où les amateurs d'art ont pu déambuler dans le plus simple appareil devant les photographies de Robert Mapplethorpe en octobre 2016.

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