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La Québécoise Marianne Farley dans la présélection des Oscars

On dira ce qu'on voudra

Avec Rebecca Makonnen

Du lundi au jeudi de 20 h 30 à 21 h
(en rediffusion du mardi au vendredi à 00 h 30)

La Québécoise Marianne Farley dans la présélection des Oscars

Audio fil du mardi 8 janvier 2019
Portrait en gros plan de Marianne Farley.

Marianne Farley, réalisatrice du film «Marguerite».

Photo : Pascale Thérien pour La Luz Portraits

Le court métrage québécois Marguerite, mettant en vedette Béatrice Picard et Sandrine Bisson, a été présélectionné pour un Oscar. Sa réalisatrice, Marianne Farley, a été propulsée dans la course effrénée aux nominations, qui seront révélées officiellement le 22 janvier prochain. Elle raconte sa fierté d'être la seule femme parmi la prestigieuse sélection à avoir réalisé une œuvre en solo, et de surcroît à être en lice avec un film LGBTQ+ qui récolte les honneurs partout dans le monde.

Marguerite est l'un des deux seuls films québécois à avoir été sélectionnés dans la longue liste. Le court métrage raconte l'histoire d'une octogénaire, Marguerite (Béatrice Picard), qui souffre de diabète et passe ses journées dans la solitude. Elle ne reçoit que la visite occasionnelle de son infirmière, Rachel (Sandrine Bisson), qui vient lui prodiguer des soins. Elle cherche à développer un lien avec Rachel, jusqu'au jour où elle apprend que celle-ci est lesbienne. La nouvelle déclenche quelque chose en elle qui va venir bouleverser leur relation.

On est bombardé de sexualité à l'extrême, mais la sensualité, on n'en parle jamais. L'intimité, la compassion : j'avais le goût de faire un film doux, un film touchant, qui serait rassembleur.

Marianne Farley

Le seul film entièrement produit, réalisé et joué par des femmes
Marguerite est le seul court métrage de la présélection entièrement réalisé par une femme (un autre film de la présélection est réalisé par un duo mixte, et tous les autres sont réalisés par des hommes. Marianne Farley en retire une grande fierté. « Les femmes, on a des histoires à raconter qui sont différentes de celles des hommes », explique la réalisatrice, qui croit que la sensibilité féminine apporte une touche distinctive.

Elle a également porté attention à la place de la subjectivité des femmes dans la construction des rôles. « Je trouve que comme comédienne, on se fait tout le temps offrir des rôles de "femme de", de "maîtresse de", de "mère de", mais rarement juste un être humain », déplore-t-elle.

Un succès dans les festivals LGBTQ+
Le film, centré autour de l'homosexualité, a d'abord été propulsé par des festivals. Marguerite a également notamment remporté un prix dans un festival de films de Mumbai, alors que l'homosexualité y était encore criminalisée. Le film a profondément touché les gens qui l'y ont vu, dont plusieurs étaient en larmes. « Si mon film peut toucher ne serait-ce qu'une seule personne, j'ai réussi », s'exclame Marianne Farley.

Le film a également été primé au Festival du Rhode Island en août dernier, l'un de ceux reconnus par l'Académie des Oscars, ce qui a permis à Marianne Farley de le soumettre dans la compétition. Il s’agit du même prix que Yan England a remporté en 2013.

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