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Rebecca Makonnen
Audio fil du mardi 30 octobre 2018

L'utérus fait des petits sur la scène artistique

Publié le

Lena Dunham a publié plusieurs photos de sa convalescence sur Instagram après s'être fait enlever l'ovaire gauche pour traiter son endométriose. On la voit couchée sur un lit en sous-vêtement et en jaquette, avec un pansement sur le nombril.
Lena Dunham a publié plusieurs photos de sa convalescence sur Instagram après s'être fait enlever l'ovaire gauche pour traiter son endométriose.   Photo : Radio-Canada

L'époque est sombre pour la santé reproductive, c'est peut-être ce pourquoi on observe un retour dans l'espace public de l'utérus et des organes génitaux dits féminins. Les publications récentes de Lena Dunham en sont un exemple patent : l'actrice parle abondament de l'hystérectomie qu'elle a décidé de subir pour mettre fin à soin endométriose. De l'ablation des seins d'Angelina Jolie aux pussy hats en passant par des clitoris en 3D et une salle de concert dans un utérus, Martine Delvaux retrace la constellation de cette réémergence.

Dans les années 1970, au faîte de la deuxième vague du féminisme, une lutte a été menée afin de briser les tabous entourant les organes génitaux identifiés comme féminins : le clitoris, le vagin, l’utérus, les trompes de Fallope ou le sang menstruel. Certains de ces tabous persistent, et les artistes continuent d'œuvrer à les démanteler. Quelques exemples récents, repérés par l'auteure de Thelma, Louise et moi.

1. Une nouvelle édition de Our Bodies, Ourselves
Le célèbre guide sur la santé et la sexualité des femmes sera traduit et adapté par la maison d'édition québécoise Remue-ménage.

2. Des clitoris en 3D pour faire de l'éducation sexuelle
Ces modèles, fabriqués avec des imprimantes 3D ou en silicone, visent à favoriser la compréhension de l'anatomie et du plaisir féminin.

3. Free the nipple et le sang menstruel sur les réseaux sociaux
Des mouvements populaires ont cherché à repousser les tabous entourant les attributs associés au corps féminin. C'est le cas de #FreeTheNipple qui critique le fait que les mamelons identifiés comme appartenant à un corps masculin sont acceptables, alors que ceux associés à un corps féminin sont jugés comme obscène. Idem pour les menstruations : une photo de la poétesse Rupi Kaur montrant une tache de sang menstruel sur un pyjama a été censurée à deux reprises par Instagram.

Cette photo de la poétesse Rupi Kaur a été retirée deux fois du réseau social Instagram.
Cette photo de la poétesse Rupi Kaur a été retirée deux fois du réseau social Instagram.    Photo : Rupi Kaur

4. Lena Dunham, l'endométriose et l'hystérectomie
L'actrice, auteure et créatrice de la série Girls affiche depuis le début de sa carrière un corps assumé qui ne répond pas aux standards de féminité. Au fil de ses apparitions publiques, elle est passée d’une représentation de la quête du plaisir sexuel à une représentation de la douleur et de la maladie. Elle est devenue en quelque sorte une tête d’affiche de l’endométriose.

En parlant ouvertement de cette maladie et en mettant en scène sa douleur et son corps affecté par elle, Lena Dunham a provoqué une conversation sociale sur cette condition intime, un peu comme Angelina Jolie l'a fait avec l'ablation des seins pour prévenir le cancer et Lady Gaga avec la fibromyalgie. Depuis, nombre de célébrités se sont manifestées au sujet de leurs douleurs utérines, dont Susan Sarandon, Dolly Parton et Whoopi Goldberg.

L'hystérectomie qu'a récemment subi Lena Dunham a soulevé la controverse. Sur le plan médical, certains ont hypothétisé qu'elle souffrirait peut-être davantage d’adénomyose. Cette controverse a néanmoins eu l'avantage de révéler à quel point cette maladie est encore mal comprise par la médecine, alors qu'environ une personne sur dix avec un utérus en serait affectée.

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