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On dira ce qu'on voudra

Avec Rebecca Makonnen

Du lundi au jeudi de 20 h 30 à 21 h
(en rediffusion du mardi du vendredi à 00 h 30)

Pour un art queer fait sans gêne

Audio fil du mercredi 6 juin 2018
Un drapeau canadien piétiné, maculé de peinture rouge, qui représente le sang.

L'œuvre « It's not your fault », de Raven Davis.

Photo : Raven Davis

Est-ce que certains artistes queer redoutent d'être trop queer? Est-il important pour la communauté d'avoir un lieu où ses artistes n'ont pas à se censurer? À l'occasion de l'ouverture d'un premier espace d'exposition permanent entièrement consacré à l'art LGBT et du 10e Queer Arts Festival de Vancouver, l'auteur Kevin Lambert nous parle de l'importance des lieux pour les artistes qui s'associent à ce courant d'expression.

La SUM Gallery, premier espace permanent d’exposition queer au Canada, permet de réfléchir aux liens entre la création artistique et la sexualité, affirme la directrice artistique SD Holman. Dans la galerie vancouvéroise, qui a ouvert ses portes le 12 mai dernier, les modes d’existence minoritaire ne sont pas normalisés : les valeurs y sont différentes de celles des autres lieux d’expression artistique.

Il y a une réflexion sur les lieux à l’origine de la fondation de la galerie. Déjà le nom : SUM Gallery vient du fait que le local était destiné à accueillir un restaurant de dim sum, au départ. Même dans le nom, on garde une trace, une sorte de mémoire des lieux, des possibilités non advenues par le passé.

Kevin Lambert, auteur
Un homme assis sur une chaise qui regarde un gramophone.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

L'œuvre Wolastoqiyik Lintuwakonawa, par Jeremy Dutcher.

Photo : Jeremy Dutcher

Définir l’espace queer
Qu'est-ce qui distingue les espaces queer? Kevin Lambert parle d’hétérotopie, un « lieu autre », que le philosophe Michel Foucault définit comme une utopie qui se réalise. Le concept est assez simple : ce sont des espaces réels qui fonctionnent différemment de l’espace principal, en inversant certaines valeurs.

Un exemple d’hétérotopie?

  • Le cimetière place la mort au centre de ses activités alors que l’idée de la mort est généralement refoulée dans l’espace public.

En quoi l’espace queer fonctionne différemment?
Que l’on soit au plan symbolique, visuel ou démographique, la société civile demeure hétéronormative. Si Kevin Lambert définit l’espace queer comme une hétérotopie, c’est en raison de cette hétéronormativité qui n’en fait plus partie. Au centre de son organisation sociale et de ses modes de représentation, on y trouve l’amour homosexuel, le corps trans, racisé, les sexualités non normatives, les identités marginalisées. En ce sens, des valeurs différentes y sont enchâssées, et le lieu est à contre-courant.

La galerie d’art est une hétérotopie "officielle", parce qu’elle se situe dans une logique institutionnelle, celle des expositions artistiques. L’importance de lieux comme la SUM Gallery est primordiale. Il ne faut malgré tout jamais oublier les hétérotopies plus discrètes. Ce sont d’abord ces lieux de résistance, ne l’oublions pas, qui permettent ensuite la création d’endroits comme la SUM Gallery.

Kevin Lambert, auteur
Deux corps couchésAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

L'œuvre Skin & Metal: Homoerotic Music Theatre Works, par Barry Truax.

Photo : Barry Truax

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