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Rebecca Makonnen
Audio fil du jeudi 10 mai 2018

La tribu de Dana : que reste-t-il du rap celtique français?

Publié le

Trois rappeurs sont dans une vallée devant une pile de menhirs.
La pochette de La tribu de Dana de Manau   Photo : Polydor/Polygram

La chanson La tribu de Dana, de Manau, célèbre cette année ses 20 ans. Pour l'occasion, le journaliste Olivier Boisvert-Magnen revient sur les débuts du groupe de rap celtique qui utilise, encore aujourd'hui, des musiques traditionnelles bretonnes, et il tente de répondre à la question « Quel héritage Manau a-t-il laissé au rap français? »

Selon Olivier Boisvert-Magnen, les musiques utilisées dans les chansons de Manau sont en général des reprises de chants traditionnels celtique bretons, libres de droits. « Martial Tricoche, auteur et rappeur, se sent interpelé par ses racines bretonnes, héritées de sa mère. Dans les années 90, ce jeune Parisien vit dans les cités de Seine-Saint-Denis et découvre la musique de sa culture d’origine en dévalisant les rayons de disques à la recherche des maîtres bretons comme Dan Ar Braz, Tri Yann et surtout Alan Stivell. C’est une reprise de ce dernier, jouée à la harpe, qui inspire le jeune Martial pour La tribu de Dana. »

Manau a davantage une vision folklorique de la Bretagne et de ses ancêtres celtes.

Olivier Boisvert-Magnen

La chanson devient rapidement un succès en France et au Québec, 1,5 millions d’exemplaires de l’album Panique celtique trouvent preneurs, ce qui en fait le deuxième album de rap français le plus vendu, après L’école du micro d’argent, d’IAM. Olivier Boisvert-Magnen rappelle que ce succès était controversé. « Les puristes de la musique bretonne et les puristes de la scène rap n’ont pas apprécié du tout, surtout qu’ils ont gagné le prix du meilleur album rap au Groove, devant NTM et MC Solaar. »

Le groupe a fait paraître cinq autres albums entre 2000 et 2015. Maintenant, Manau est surtout devenu l'affaire personnelle de Martial Tricoche, qui ne semble pas vouloir tourner la page sur l’épopée du rap celtique. Tout récemment, il a souligné les 20 ans de La tribu de Dana, avec Ma reine.

Les héritiers de Manau
Selon Olivier Boisvert-Magnen, il n’y a pas eu un grand nombre de groupes qui ont poursuivi dans la même veine musicale. « Pour avoir une opinion favorable du rap celtique, il faut aller écouter Krismenn, un rappeur au ton tranchant et acerbe, aux mélodies de blues et d’électro. On est dans un registre beaucoup moins grand public, d’autant plus qu’il rappe uniquement en breton, la langue de ses ancêtres. Si vous cherchez quelque chose de plus accessible, je suggère Columbine, un groupe de jeunes rappeurs vingtenaires, davantage tournés vers la culture rap américaine. »

Manau a été un pionnier du rap en région française à un moment ou l’industrie n’avait d’oreille que pour Paris et Marseille. En 2018, le rap provient de partout en France et en quelque sorte, c’est un peu grâce aux histoires de forgerons et de grands menhirs.

Olivier Boisvert-Magnen

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