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Rebecca Makonnen
Audio fil du mardi 24 octobre 2017

La vie incroyable de Jackie Shane : une pionnière noire, trans et icône du soul

Publié le

Jackie Shane, l'histoire de la chanteuse soul racontée par Félix B. Desfossés
Photo : Courtesy of Numero Uno

Jackie Shane est une chanteuse soul et R&B, et, dès le début des années 60, une pionnière transgenre au Canada. Malgré de grands succès à Montréal et à Toronto, elle a disparu de la vie publique dans des circonstances mystérieuses en 1971. Le journaliste musical Félix B. Desfossés raconte son histoire jusqu'à sa redécouverte par l'étiquette Numero Group. Cette dernière a, avec l'accord de l'artiste, rassemblé toute sa musique sur vinyle pour la première fois.

À partir de l’adolescence, Jackie commence à s’affirmer comme femme et se lance plus sérieusement dans la chanson, après avoir fait son éducation musicale dans le gospel à l’église.

Jeune Jackie Shane et Little Richard
À la suite de sa rencontre avec Little Richard, en 1955, Jackie Shane fonde un groupe dans lequel elle est chanteuse et batteuse. C’est à cette époque que l’artiste fait ses premières armes en tant que chanteuse principale. Quelques années plus tard, elle quitte le sud des États-Unis, sous les conseils des chanteurs R&B Joe Tex et LIttle Wille, qui l’incitent à réaliser son plein potentiel dans un climat moins hostile aux Noirs.

Montréal et ses cabarets
C’est ainsi qu’elle se retrouve au Canada, après avoir fait partie d’une troupe ambulante. Montréal est une révélation pour l’artiste. Jamais elle n’a vu autant de clubs de nuit et de cabarets. C’est à ce moment qu’elle rencontre Frank Motley, sur la scène de l’Esquire Show Bar, un mythique cabaret montréalais qui était alors le haut-lieu de la musique noire à Montréal. Il s’en suivra une longue association entre Frank Motley et Jackie Shane. Montréal, Toronto, Boston, Los Angeles, puis de nouveau Montréal et Toronto… le duo parcourt l’Amérique et connaît une décennie sous le signe du succès.

Icône à Toronto
À Toronto, Jackie Shane rencontre un succès particulièrement important. Encore aujourd’hui, elle considère la Ville Reine comme sa deuxième maison. C’est à ce moment qu’elle devient une icône pour la communauté noire et, tranquillement, surtout vers la fin des années 60, pour la communauté LGBT. D’ailleurs, en 2016, sera peinte au centre-ville de Toronto une fresque sur laquelle on peut voir des artistes qui auront marqué la ville, tels que Ronnie Hawkins, Glenn Gould et Gordon Lightfoot. Au centre de cette oeuvre, Jackie Shane brillera.

Disparition
Au début des années 70, cependant, son affiliation professionnelle avec Frank Motley se termine. Un certain soir de 1971, Motley, hors de lui pour des questions d’argent, menace Jackie Shane à la pointe d’un couteau. Elle court chez elle chercher son fusil, mais elle change d’idée à la toute dernière minute. Le tribunal, le jury, la prison… Elle ne veut pas se rendre là. Jackie Shane saute dans un train vers les États-Unis et choisit de se fondre dans la masse. Elle disparaît à tout jamais, ou presque.

Une deuxième vie sur disque
Ce n’est qu’à l’automne 2016, pour le projet de réédition de tous ses 45 tours et de ses chansons enregistrées en concert, que Jackie Shane accepte de livrer une entrevue de fond sur sa vie et sa carrière. C’est un représentant de l’étiquette Numero Group, qui réussit à la retracer dans un endroit qui demeure à ce jour secret, qui recueille son témoignage.

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