•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Dominic Tardif et sa lettre d'amour aux spectacles de musique

On dira ce qu'on voudra

Avec Rebecca Makonnen

Le samedi de 20 h à 21 h
(en rediffusion le dimanche à 2 h)

Dominic Tardif et sa lettre d'amour aux spectacles de musique

Une foule lors d'un spectacle en plein air.

Une foule assiste à un spectacle

Photo : Associated Press / Amy Harris

« Je t'écris pour te dire que mon cœur gémit chaque soir comme une bête atteinte de ne pas pouvoir me retrouver dans tes bras. » Dominic Tardif s'adresse avec émotion à tous ces spectacles annulés depuis le début de la pandémie. Dans sa lettre d'amour, le journaliste culturel au Devoir se remémore avec une douce nostalgie l'époque où les foules mélomanes s'entassaient pour s'abreuver de musique et de bières.

Spectacle de musique, reviens magnifier tout ce qui en moi menace de s'empoussiérer et de s'obscurcir.

Dominic Tardif

Extrait de la lettre d'amour de Dominic Tardif :

Spectacle de musique, tu le sais, je suis de ceux qui mesurent la réussite d'une semaine, d'un week-end, d'un voyage, d'un été, au nombre de fois où j'ai senti mon corps être traversé par la pulsation des drums, au nombre de fois où j'ai senti mes tympans être asservis par le fascisme du feedback, au nombre de fois où j'ai eu l'impression que le regard complice du chanteur ou de la chanteuse avait croisé le mien.

[...]

Spectacle de musique, je m'ennuie de croiser un ami en me frayant un chemin parmi la foule dense de l'Esco. Je m'ennuie de dire du mal de la première partie avec mes chums. Je m'ennuie du regard reconnaissant des membres du band en première partie quand je leur dis que c'était ben bon, leur show. Je m'ennuie de la barmaid qui enguirlande les clients qui ne laissent pas de pourboire.

Je m'ennuie de Xavier Caféine qui envoie chier les fans qui ne réagissent pas à son goût. Je m'ennuie de Mara Tremblay qui nous fait des confidences vraiment, vraiment trop intimes entre les chansons. Je sens mon cœur se débattre en voyant Martin Dubreuil des Breastfeeders – Johnny Maldoror – monter sur le bar pis grimper partout sur le mobilier. Fais-toi pas mal, Martin, on t'aime.

Spectacle de musique, auprès de toi, j'ai ri, pleuré, bâillé, dansé, bandé, vomi. Spectacle de musique, avec toi il m'arrive de penser que la mort n'est qu'une mauvaise farce que personne n'osera jamais prononcer.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Vous aimerez aussi