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Rebecca Makonnen
Audio fil du lundi 6 mai 2019

John Singleton : le géant du cinéma qui a su porter le ghetto à l'écran

Publié le

Morris Chestnut, Cuba Gooding Jr, et Ice Cube devant un mur couvert de graffitis. Ils regardent la caméra avec un regard de défiance.
Morris Chestnut, Cuba Gooding Jr, et Ice Cube dans le film « Boyz n The Hood » de John Singleton, en 1991.   Photo : Columbia/Kobal/REX/Shutterstock

John Singleton était sans contredit un défricheur. Il a été, à 24 ans, le plus jeune réalisateur de l'histoire en lice pour un Oscar, grâce à son film Boyz N the Hood. Il a également été le premier Afro-Américain à être nommé meilleur réalisateur et meilleur scénariste. Avec une quinzaine de films à son actif, il a su porter à l'écran les réalités parfois difficiles des communautés noires aux États-Unis. Il est décédé subitement des suites d'un infarctus le 29 avril 2019. Jean-Michel Berthiaume, doctorant en sémiologie et animateur du balado Le 7ème antiquaire, brosse le portrait de John Singleton et de l'œuvre colossale qu'il a laissée derrière lui.

En plus d'avoir été lui-même un pionnier, John Singleton a propulsé l'émergence de plusieurs autres artistes qui ont par la suite fait leur marque. C'est notamment dans ses films que l'on voit pour la première fois au grand écran Janet Jackson, Busta Rhymes, Snoop Dogg, Ice Cube, Q-Tip et même Tupac Shakur. Il aura donné des rôles marquants à Angela Basset, à Laurence Fishburne, à Maya Angelou, à Taraji P. Henson, à Mo'nique, à la récemment oscarisée Regina King, et à Cuba Gooding Jr. Ce dernier, qui a reçu l'Oscar du meilleur acteur pour son rôle dans Jerry McGuire, s'était auparavant illustré grâce son exceptionnelle performance dans Boys N the Hood.

Un portrait humaniste des ghettos
À sa sortie en 1991, Boys N the Hood, qui dépeint la vie dans le quartier South Central de Los Angeles, détonnait totalement avec l'idée clichée que l'on se faisait des ghettos. Les personnages y illustrent la résilience de ceux qui vivent dans les quartiers défavorisés, à une époque où les médias bombardaient les gens d'images des émeutes qui ont suivi la mort de Rodney King.

Le personnage de Lawrence Fishburne est une figure de père exemplaire, et Angela Basset interprète une mère lucide qui est déterminée à offrir un avenir à son fils. Quant aux amis de Tre Styles, Doughboy, Dookie et Ricky, ils sont des adolescents moyens, qui s’ennuient et passent leur temps à discuter sur le perron avant.

On voit bien que ce ne sont pas de violents psychopathes, mais davantage des jeunes qui ont appris à survivre dans le climat de pauvreté de leur quartier.

Jean-Michel Berthiaume

Ce film, tout comme bien d'autres œuvres de John Singleton (Poetic Justice, Higher Learning, Baby Boy, pour ne nommer que celles-là), montre une vision humaine et nuancée des hauts lieux de criminalité aux États-Unis. « J'encourage tout le monde à faire son devoir de citoyen et à revoir les films de Singleton », conclut-il.

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