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Rebecca Makonnen
Audio fil du mercredi 20 mars 2019

Renouveler le public du théâtre, un rappeur à la fois

Publié le

Portrait de Jeanbart avec une demi tuque et des grils, entourés de rideaux rouges de théâtre.
Jeanbart, le rappeur transformé en aficionado de théâtre.   Photo : Le Jeanbart / Montage : Stéphanie Dufresne

Quand on parle d'une soirée au théâtre, il est facile de s'imaginer des baby-boomers bourgeois qui dégustent du vin nature et papotent avec un accent franco-universitaire. Lorsqu'elle a écrit sa pièce Lignes de fuite, la dramaturge Catherine Chabot voulait précisément sortir de ces clichés et s'adresser à un public qui n'a pas l'habitude de fréquenter les théâtres. C'est le cas du rappeur Jeanbart, qui a accepté de sortir de sa zone de confort pour aller s'initier au sixième art. Conclusion? Pari réussi.

Jeanbart est loin de représenter le « spectateur type » du théâtre : il a grandi à Valleyfield, excentré des grands théâtres, il est rompu à la culture hip-hop et il ne se reconnaît pas dans les classiques français ou québécois. Ce qui ne l'a pas empêché d'être agréablement surpris par Lignes de fuite.

Là ou Lignes de fuite a réussi à venir me chercher, c’est beaucoup dans sa modernité. Ça ne parle pas de ma réalité à moi précisément, mais c’est plus proche; ça ressemble à des gens que je connais, à la société dans laquelle on évolue.

Jeanbart

Ses conseils pour rendre le théâtre plus accessible

  1. La promotion. « C’est un milieu assez fermé, qui ne peut pas vraiment s’appuyer sur les bandes-annonces pour attirer son public. C’est un peu comme les balados : si je n'en écoute pas, je ne m’en fait pas proposer d’autres. Déjà, initier les gens de notre entourage, c’est un bon début. »
  2. L'accessibilité. « Ce n'est pas si cher, mais débourser 40 ou 50 $ pour une activité que tu n'est pas sûr d'aimer, c'est un pensez-y-bien. Les musées ont des journées gratuites; il y a peut-être un parallèle à faire. »
  3. Vulgariser. « Autant quand on en parle que dans les critiques médiatiques. On ne peut pas en parler juste comme si on s'adressait à des initiés si on veut que le reste des gens embarquent. »
  4. Diversifier. « Ça prend plus de pièces comme Lignes de fuite, dans lesquelles les nouvelles générations vont se reconnaître. Il faut que le théâtre continue dans une lignée plus contemporaine. Il faudrait aussi plus de diversité dans la distribution et dans les histoires racontées. Je n’ai pas fait d’études là-dessus, mais il me semble qu'il manque de représentation des personnes de couleur dans le théâtre québécois. »
Dans un décor réaliste représentant une maison au design soigné et confortable, la comédienne Léane Labrèche-Dor au premier plan, verre de main à la main, s'exprime de manière démonstrative.
Benoit Drouin-Germain, Léane Labrèche-Dor et Catherine Chabot dans la pièce Lignes de fuite au Centre du Théâtre d'Aujourd'hui   Photo : Valérie Remise

RÉSUMÉ DE LA PIÈCE

Un souper entre ami·e·s s’est étiré. La fin de soirée donne lieu à une expérience théâtrale tout en saccages et en reconstructions. Les visions du monde se confrontent, s’effritent et se fortifient tour à tour. Les partis pris sont dévoilés au grand jour; les visions de l’avenir, de la maternité et de l’amitié sont brouillées à jamais.

Lignes de fuite nous convie à des retrouvailles entre ami·e·s du secondaire. Maniant l’hyperréalisme avec une extrême précision, l’autrice Catherine Chabot se penche sur les zones floues de nos affiliations gauche-droite et remet en question la posture que chacun occupe au sein d’un groupe. Résultat d’un travail de documentation fouillé tout au long du processus d’écriture, la pièce dresse un portrait incisif du Québec d’aujourd’hui, de ses penchants politiques et de l’idéal d’avenir prescrit par la société.

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