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Si Pénélope McQuade était ministre de la Culture

On dira ce qu'on voudra

Avec Rebecca Makonnen

Du lundi au jeudi de 20 h 30 à 21 h
(en rediffusion du mardi au vendredi à 00 h 30)

Si Pénélope McQuade était ministre de la Culture

Audio fil du mardi 26 février 2019
Pénélope McQuade

Pénélope McQuade

Photo : Radio-Canada

Si son nouvel emploi lui en laisse le temps, Pénélope McQuade serait une candidate idéale pour reprendre les rênes du ministère de la Culture. Ce ne sont pas les idées qui lui manquent pour donner un coup de barre dans ce secteur malmené. C'est pourquoi l'équipe d'On dira ce qu'on voudra l'a invitée à exposer ses propositions les plus réalisables et ses rêves les plus fous.

Si j'étais ministre de la Culture
Un texte de Pénélope McQuade

D’abord, j’aimerais remercier les électeurs et électrices de m’avoir élue sur les bases de la plateforme culturelle de mon gouvernement, plateforme dont nous avons abondamment parlé PENDANT la campagne.

D’ailleurs, le ministre de l’Environnement – Vincent Graton – et moi, on se disait récemment comment on avait été dans le jus pendant la campagne, contrairement à d’autres.

Plusieurs ministres de la Culture antérieur·e·s sont passé·e·s à ce micro et ont éloquemment, poétiquement, humanistement, philosophiquement fait état de grandes idées qui devraient tisser les toiles de fond de nos idéaux culturels. Bravo! C’était magnifique, mais moi, je suis assez pratico-pratique, je suis une faiseuse, pas tant une rêveuse.

Voici donc mes propositions concrètes.

Guillaume Cyr sera mandaté aux sorties scolaires culturelles.

Pourquoi lui?

Il a récemment joué le rôle de Lenny dans la pièce Des souris et des hommes, au Théâtre Jean-Duceppe. Pendant une représentation devant des élèves du secondaire, les adolescents ont non seulement « sexhué » le personnage féminin, mais ont aussi ri et applaudi lors de la scène du meurtre. Avec cette expérience, je le verrais bien aller faire des tournées de classe pour aider les élèves à bien se préparer pour leurs sorties.

Sous mon règne comme ministre de la Culture, il y aurait une sortie culturelle mensuelle. Et les élèves s'y rendraient en joggant, comme ça on pourrait enfin sortir du débat CULTURE vs SPORT.

Les idées de sorties ne manquent pas : on irait au Musée huron-wendat de Wendake, au Musée de l’Holocauste, au Musée d’art contemporain de Baie-Saint-Paul, mais aussi Musée du sexe à New York, et pourquoi pas dans quelques bureaux d’architectes et de designers de mode, et des galeries privées?

Et chaque école créerait son propre musée, sa propre maison d’édition, sa boîte de production de balados, son festival de musique, etc.

D’ailleurs, j’ouvrirais un programme estival, un cours d’été qui permettrait de faire le tour de nos festivals de musique. Les jeunes de Sept-Îles iraient au Festif de Baie-Saint-Paul, ceux d’Hochelaga, au Festival de musique du Bout du Monde de Gaspé, ceux de l’Estrie au Festival d’Été de Québec, les Beaucerons au Mile Ex End, et ainsi de suite.

Comme ça brette dans les autres ministères, j’instaurerais dans le cursus scolaire un cours d’empathie. Parce que la culture passe d’abord par cultiver les liens, ceux qui unissent les humains entre eux.

Guillaume Cyr est d’accord, on tient à comprendre pourquoi les jeunes se sont excités lors de la scène de féminicide dans Des souris et des hommes.

En Scandinavie, il y a un tel programme depuis plus de 30 ans, et ces pays trônent au sommet des palmarès d’indice de bonheur depuis. Coïncidence? Je ne crois pas.

Et tant qu’à prendre ces cours sous notre ministère, go les cours d’éducation sexuelle! Un vrai programme, pas une poignée d’heures données par le professeur de maths que les élèves n'ont pas envie d’entendre parler de sa sexualité! Pourquoi ne pas aborder la sexualité avec des œuvres artistiques? Je pense à MissMe et son art de rue, L’origine du monde de Courbet, Barbarella, ou une sortie au Festival IMAGE+NATION, le Festival de cinéma LGBT.

Mon responsable de la diversité culturelle serait Philippe Fehmiu.

On instaurerait un programme de mentorat inversé entre créateurs. Par exemple, si Serge Denoncourt, comme il l’a affirmé à l'émission Le beau dimanche l’été dernier, n’est pas capable de trouver assez d’interprètes pour composer toute une famille de Noirs pour une de ses mises en scène, nous allons le mettre en relation avec un jeune créateur – très au fait de la diversité du milieu, comme une majorité de jeunes – pour apporter de l’eau à son moulin.

Si un auteur de télésérie ne peut que puiser dans sa réalité blanche privilégiée pour créer ses personnages et leurs intrigues, on pourrait le jumeler à un rappeur de Montréal-Nord ou de Rouyn-Noranda.

Je pourrais vous parler des rôles que je donnerais au sein de mon ministère à Safia Nolin, Hubert Lenoir ou Dalila Awada, mais j’aurais peur que ça reparte le débat sur le code vestimentaire à l’Assemblée nationale…

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