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Karyne Lefebvre
Audio fil du lundi 25 juin 2018

Apprendre de ses échecs : les leçons apprises à la dure par André Ménard

Publié le

André Ménard, cofondateur du Festival international de jazz de Montréal
André Ménard, cofondateur du Festival international de jazz de Montréal   Photo : Radio-Canada / Louis-André Bertrand

« Je ne suis pas joueur. S'il y a un plaisir à perdre de l'argent, je l'ai connu amplement en travaillant. Ça fait partie de cet idéal voulant que l'argent ne soit pas tout dans la vie. » Déterminer quels artistes peuvent remplir une salle de spectacle n'est pas sans risques, et André Ménard, cofondateur de L'Équipe Spectra et du Festival international de jazz de Montréal, l'a appris à ses dépens.

Il se souvient du groupe Oregon, dont il était un grand fan. Il les avait fait venir à ses frais au Théâtre Outremont. Seuls 500 billets avaient été vendus dans cette salle pouvant contenir 1300 personnes, lui faisant perdre quelques milliers de dollars. « J’ai présenté les meilleurs musiciens au monde. Ça ne me dérange pas. Il faut dire que je pouvais m’en sortir cette fois-là. »

Ç’a été mon premier échec, et j’ai appris que je n’étais pas prêt à faire n’importe quoi pour gagner ma vie. Je voulais être convaincu de ce que je faisais.

André Ménard

« Dans la vie professionnelle, les échecs ont très souvent servi de moteur, mais aussi parfois de mémoire, parce qu’il faut se souvenir de ses échecs pour ne pas les répéter trop souvent. » La programmation de festivals et de spectacles comporte son lot d’inconnues, précise-t-il.

« On met dans la programmation des artistes qui, parfois, ne sont jamais venus [à Montréal]. On espère qu’il y a des gens qui les connaissent. Et ça, ça comporte des échecs. »

Le douloureux souvenir du Spectrum

Il a passé une journée sur deux pendant 25 ans au Spectrum, une salle de spectacle située au centre-ville de Montréal, alors l’annonce de sa fermeture, en 2007, lui a fait mal.

Je l’ai vécu comme un deuil. Je rêve encore au Spectrum. J’avais un lien filial ou parental avec.

André Ménard

L’achat du Métropolis – la salle s’appelle maintenant MTelus – par L’Équipe Spectra a été une forme de pansement. « Sans le Métropolis, je pleurerais le Spectrum au quotidien », dit-il en riant.

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