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Karyne Lefebvre
Audio fil du lundi 26 juin 2017

Mehdi Cayenne et la joie de la francophonie

Publié le

Mehdi Cayenne
Mehdi Cayenne   Photo : Radio-Canada / Alexis Gacon

L'auteur-compositeur-interprète Mehdi Cayenne (avec ou sans son club) récolte les honneurs dans ce qu'on appelle la francophonie canadienne. Il a remporté trois prix importants au Gala des prix Trille Or cette année et parcourt le pays plusieurs mois par année pour donner des spectacles. Très heureux malgré les horaires exigeants que demandent la tournée, il est venu transmettre sa joie de vivre et faire part de ses réflexions sur la chanson en français, d'un océan à l'autre.

Né en Algérie, Mehdi Cayenne et sa famille sont venus au Canada à la fin des années 80. Il a grandi à Montréal, à Moncton, puis à Gatineau et à Ottawa. S’ils sont venus ici pour avoir une meilleure vie, Mehdi n’a pas senti de pression pour avoie une vraie « carrière ». « Mes parents sont très cool, l’art était toujours respecté dans ma famille. Ils m’ont toujours encouragé là-dedans. Au moment où ils auraient pu s’inquiéter pour mon avenir, c’était déjà mon métier. J’ai commencé à faire mes tounes et mes poèmes à 19 ou 20 ans. »

Francophonie hors Québec
« Quand on dit qu’on fait de la chanson hors Québec, il y a un côté sous-entendu : "Oh my god! Là où il y a 30 mots de vocabulaire, et tu fais des p’tites chansons, c'est cute" », dit le chanteur en imitant la réaction de gens qui peuvent parfois le regarder de haut.

« D'un autre côté, [cette carrière] me rend vraiment heureux. J’apprécie le travail de ceux qui font vivre le milieu de la musique et qui créent la scène pour que des gens comme moi viennent faire des tounes. »

Des récompenses qui le poussent à travailler davantage
Mehdi Cayenne récolte le fruit de ses efforts soutenus depuis quelques années. Il a remporté de nombreux prix et nominations, notamment au Gala des prix Trille Or, qui récompense les artistes de la francophonie canadienne.

« Il y a quelque chose d’anxiogène là-dedans, parce qu’à force de se faire dire qu’on est bon, ça donne encore plus envie d’aller se cacher et d’écrire plus de chansons. J’ai des prix chez moi, je dois les mettre quelque part, mais en même temps, je me dis que je n’ai même pas gratté la surface de ce que je veux faire. Quand je regarde les gens que j’admire dans la vie, je me rends compte que je ne suis même pas proche de ce que je veux réaliser. » Mehdi Cayenne souligne au passage le travail de ceux qu’il appelle ses grands frères et ses grandes sœurs, Tricia Foster, Olivier Fairfield, Saul Williams et A Tribe Called Red, qui sont des artistes qui l'inspirent.

Des horaires exigeants
Le fait d’être un artiste de la francophonie canadienne peut engendrer de drôles d’itinéraires qui nécessitent beaucoup d’énergie et de temps. Récemment, Mehdi Cayenne a donné, dans la même semaine, des spectacles à Paris, à Gatineau et à Winnipeg. « Il y a une douleur là-dedans qui est le fun. Tu es crevé et tu vas faire ton show, et c’est une espèce de gouffre existentiel. Mais le fait d’être capable de le gérer avec grâce et de s’abandonner au moment, je l’apprécie. C’est l’aspect inénarrable de cette route. J’aime ça. »

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