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L'animateur Mathieu Dugal
Audio fil du vendredi 21 décembre 2018

Comment peut-on prédire si l’hiver sera froid?

Publié le

Une femme déneige sa voiture pendant une tempête de neige au Nouveau-Brunswick en janvier 2018.
Les prédictions de météo à long terme ne s'avancent que sur deux facteurs : les précipitations et la température.   Photo : La Presse canadienne / Stephen MacGillivray

« Les météorologues ont du mal à prédire la météo dans trois jours, quelle crédibilité ont-ils pour prédire que l'hiver sera froid? » On a tous, un jour ou l'autre, entendu quelqu'un prononcer à peu près cette phrase. Mais qu'en est-il vraiment? Nathalie Barrette, climatologue et professeure titulaire au département de géographie de l'Université Laval, nous explique en toute simplicité pourquoi on devrait se fier à ces prédictions.

D’entrée de jeu, cette spécialiste explique que les méthodes de prédictions à court terme et à long terme sont très différentes. « À court terme, au-delà de quelques jours, le hasard est aussi bon que les prévisions de météorologues. À long terme, on a une approche différente, plus probabiliste. »

Les scientifiques rassemblent d’abord le plus de données fiables possible sur l’état actuel du climat planétaire : température de l’air et des océans, vélocité des courants marins et aériens, pression atmosphérique. En se basant sur les données issues des nombreuses stations météorologiques partout sur la planète et de celles de l’Organisation météorologique mondiale, les chercheurs obtiennent un portrait climatique extrêmement précis d’un moment donné.

Ils utilisent ensuite des modèles météorologiques dans lesquels ils entrent ces données. Ces modèles se servent de calculs mathématiques qui prennent en compte la physique des éléments qui influencent le climat pour offrir une prédiction.

Comme il existe une certaine marge d’erreur, l’opération est répétée plusieurs fois de suite à partir des mêmes données pour obtenir une série de prédictions différentes. Ces prédictions provisoires sont ensuite comparées aux données historiques avant qu’une prédiction définitive soit faite.

Température et précipitations

Il est bon de savoir que les prédictions à long terme se concentrent sur les deux seuls facteur que les experts sont en mesure d’anticiper : la température et les précipitations. C’est pourquoi ce type de prévision ne va habituellement pas plus loin qu’un « hiver froid et très enneigé », par exemple.

Bien que la fiabilité de ces prédictions se soit grandement améliorée depuis quelques années, Mme Barrette souligne qu’elles sont toujours accompagnées d’un certain degré d’incertitude. Dans bien des cas, la position géographique du Canada joue des tours aux experts, puisque le pays se situe selon elle à la latitude où il y a le plus de variabilité climatique.

Un mot pour les climatosceptiques

C’est d’ailleurs cette même position géographique qui a tendance à fourvoyer les climatosceptiques, qui ont du mal à raccorder l’idée de « réchauffement climatique » et d’épisodes de froid extrême en hiver, explique Nathalie Barrette.

En effet, dans un climat équilibré, la différence de température entre les pôles et l’équateur serait très élevée. Cet écart de température aurait tendance à stabiliser le courant-jet, le puissant courant atmosphérique qui circule à la frontière entre ces immenses masses d’air froid et d’air chaud, dans l’hémisphère nord.

Or, à mesure que l’écart se réduit, le courant-jet se déforme de plus en plus et finit par serpenter de l’arctique jusqu’au sud de la frontière canadienne. Cela fait en sorte que le froid polaire descend plus loin vers l’équateur et que l’air chaud des tropiques remonte plus au nord qu’auparavant.

C’est ce comportement anormal du courant-jet qui apporte des variations climatiques extrêmes, qui caractérisent désormais nos hivers : des journées glaciales, parfois suivies du jour au lendemain par des températures au-dessus de zéro.

Selon Nathalie Barrette, ces variations sont un résultat direct des changements climatiques.

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