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Photo : le cellulaire tue la mémoire humaine à petit feu

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Avec Matthieu Dugal

Du lundi au jeudi de 19 h à 20 h
(en rediffusion le samedi à 1 h et 2 h)

Photo : le cellulaire tue la mémoire humaine à petit feu

Une personne prend une photo pendant un concert.

Selon Dave Ellemberg, prendre une photo n’est pas nécessairement le meilleur moyen de se souvenir d'une expérience.

Photo : iStock / gilaxia

« On prend énormément de photos, mais ce n'est pas tellement pour documenter ce qu'on voit : c'est souvent pour dire qu'on était là, et c'est là où le problème se pose. C'est qu'on documente sa vie, on précise sa présence dans un endroit particulier, mais finalement, on attache assez peu d'importance à ce qu'on voit », déplore le photographe Sébastien Raymond. Avec le neuropsychologue Dave Ellembert, il s'interroge au sujet des répercussions de la surutilisation de la photo, par le biais des téléphones cellulaires, sur la mémoire.

« Je pense que notre mémoire disparaît du fait de la surconsommation d’images. On ne se laisse plus la place d’essayer de se souvenir. On va sans arrêt vouloir une preuve factuelle justement pour retracer un événement », note Sébastien Raymond en faisant référence au fait que tout le monde, de nos jours, possède un téléphone cellulaire et inonde les réseaux sociaux comme Facebook ou Instagram de photographies de toutes sortes.

« Aujourd’hui, le problème, c’est qu’on ne se souvient que par une preuve visuelle. On fait moins appel à notre mémoire », dit l'auteur du livre Le temps d'une photo : réflexion sur la photographie à l'ère du numérique.

Dave Ellemberg abonde dans le même sens que Sébastien Raymond. Le neuropsychologue affirme que bien des personnes qui prennent des photos avec leur téléphone cellulaire font preuve de déchargement cognitif.

C’est que les gens, en prenant des photos, se fient [au fait] qu’ils ont une prothèse. Ils se disent : "J’ai moins besoin de m’engager dans l’événement, parce que j'accumule mon encyclopédie, mon aide-mémoire." Et donc, il y a un effort beaucoup moins important qui est investi [dans l’événement].

Dave Ellemberg, neuropsychologue

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