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L'animateur Mathieu Dugal
Audio fil du vendredi 1 février 2019

Que se passe-t-il quand on demande : « Y a-t-il un médecin dans l’avion? »

Publié le

Une photo montrant l'intérieur d'un avion en train de vibrer pendant des turbulences.
Il est très rare qu'un passager soit en situation assez critique pour qu'un avion doive atterrir d'urgence.   Photo : iStock

Y a-t-il souvent des urgences médicales pendant des vols en avion? Lorsqu'il y en a, qui est-ce qui prend la décision d'atterrir ou non? Les passagers médecins à bord sont-ils obligés d'intervenir en cas d'urgence? Peu de personnes sont mieux placées pour répondre à ces questions que Pierre Dussault, gastro-entérologue et commandant à Air Canada.

En 40 ans d’expérience à bord d’avions de ligne – et 31 ans d'expérience à l’Hôpital Anna-Laberge à Châteauguay –, Pierre Dussault a assisté à toutes sortes d’interventions en vol.

En sa qualité de gastro-entérologue, le commandant Dussault peut en effet aider ses collègues médecins à partir de la cabine de pilotage lorsqu’un passager éprouve un malaise. Il se souvient notamment d’un cas en particulier qui l’avait inquiété.

« Un patient très faible, qui semblait avoir un pouls un peu rapide, se remémore le Dr Dussault. Il avait une tension artérielle à la baisse, il ne se sentait pas bien, au point où on se demandait si on n’allait pas lui demander de s’étendre dans l’allée pour lui installer un soluté. Je me suis demandé si ce patient avait une hémorragie digestive. La meilleure façon de le savoir rapidement, c’était de lui demander l’allure de ses selles ce jour-là. J’ai donné pour mission au chef de cabine d’aller inspecter les selles de l’individu dans la toilette. »

Ce genre d’informations peut grandement aider les autorités compétentes à prendre une décision quant au déroulement du reste du vol. Vaut-il mieux atterrir ou poursuivre le vol?

Le 911 des airs

Depuis plusieurs années, le personnel dans les avions peut compter sur les services d’urgentologues dans une centrale téléphonique aux États-Unis pour décider quoi faire avec un patient en détresse.

Contrairement à ce que l’on peut croire, ce ne sont pas les médecins, les infirmières ou les ambulanciers à bord qui sont chargés de traiter les passagers ou de poser un diagnostic. Lorsqu’ils sont appelés en renfort, leur rôle est tout simplement de prendre les signes vitaux du patient et de lui poser des questions pertinentes afin de remplir un questionnaire destiné aux urgentologues américains. Malgré cela, leur code déontologique les oblige à porter assistance aux personnes en détresse, même s’ils ne sont pas officiellement en fonction.

Ce n’est que lorsque toute l’information est transmise à la centrale d’appels qu’une décision peut être prise. Lorsque les autorités décident qu’il vaut mieux atterrir, elles tiennent compte des conditions météorologiques aux aéroports environnants et des installations médicales sur place pour décider où envoyer l’avion.

Les cas sérieux sont très rares

Pierre Dussault affirme qu’il est très rare qu’une situation sérieuse survienne. En 40 ans de métier, un seul de ses passagers a eu un malaise véritablement critique. Le patient est malheureusement décédé à bord de l'avion.

Le commandant tient toutefois à se faire rassurant : presque tous les cas sont bénins. La majorité des passagers souffrent généralement de malaises mineurs en raison de la déshydratation, de la fatigue ou de la prise de médicaments.

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