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L'animateur Mathieu Dugal
Audio fil du mardi 20 août 2019

Tchernobyl et faune : des scientifiques divisés sur les effets de la catastrophe nucléaire

Publié le

Un loup traverse une route de terre en pleine forêt.
Un loup se balade dans une forêt située dans la zone d'exclusion entourant l'ancienne centrale nucléaire de Tchernobyl.   Photo : Reuters / Vasily Fedosenko

« On a deux clans qui s'opposent, et la guerre dure depuis des années », affirme Marie-Lambert Chan, rédactrice en chef du magazine Québec Science, à propos de la querelle qui divise la communauté scientifique quant aux répercussions réelles de la catastrophe nucléaire de Tchernobyl, survenue en 1986, sur la faune présente dans la zone d'exclusion. Pour certains scientifiques, la vitalité dans cette zone montre que les activités humaines sont plus négatives pour la faune sauvage qu'un accident nucléaire. Pour d'autres, il ne fait aucun doute que la zone d'exclusion n'est pas l'éden qu'on croit.

« C’est riche en rebondissements : trahison, accusation de fraude, possible musellement... Tout ça se joue par médias interposés, par journaux scientifiques interposés. C’est passionnant », lance Marie-Lambert Chan, au sujet de la profonde division qui anime la communauté scientifique.

D’un côté, un groupe de chercheurs américains et britanniques mené par le biologiste ukrainien Sergei Gaschak affirme que la biodiversité dans la zone d’exclusion se porte étonnamment bien, plus de 33 ans après la tragédie. Ceux-ci, qui ont notamment utilisé des caméras infrarouges, des drones et des relevés de population aériens, ont découvert que les populations de wapitis, de chevreuils et de sangliers étaient aussi abondantes dans la zone d'exclusion que dans des réserves naturelles non contaminées.

Qui plus est, la population de loups dans la zone d’exclusion serait sept fois supérieure à celle étudiée dans les réserves naturelles. Des caméras ont même noté pour la première fois la présence de bisons et d’ours bruns. De façon générale, ces scientifiques concluent que les animaux ne souffrent pas des effets négatifs attribuables au rayonnement nucléaire.

Un aigle dévore une carcasse de loup dans la neige.
Un aigle dévore une carcasse de loup dans la zone d'exclusion située aux alentours de l'ancienne centrale nucléaire de Tchernobyl. Photo : Reuters/Vasily Fedosenko

« Une vie misérable »

D’autre part, un groupe de scientifiques piloté par le Danois Anders Moller et le Canadien Timothy Mousseau affirment que les animaux qui vivent dans la zone d’exclusion mènent une vie misérable. Ils ont notamment observé que des oiseaux capturés dans la zone d’exclusion avaient un cerveau légèrement plus petit et un taux de cataractes plus élevé. Ces oiseaux souffraient aussi d’albinisme partiel, de tumeurs, et présentaient des becs, des queues et des yeux déformés.

Marie-Lambert Chan fait remarquer que chaque groupe de scientifiques utilise des méthodologies différentes et chacun s’obstine sur la meilleure façon de faire.

Donc, en fin de compte, cela offre à la communauté scientifique peu de données réellement comparables.

Marie-Lambert Chan, rédactrice en chef du magazine Québec Science

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