•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Polytechnique : deux journalistes se souviennent

Midi info

Avec Michel C. Auger

En semaine de 11 h 30 à 13 h

Polytechnique : deux journalistes se souviennent

Rattrapage du vendredi 6 décembre 2019
Loreen Pindera et Claude Gervais au micro de l'émission de radio <i>Midi info</i>.

De gauche à droite, Claude Gervais, ancien journaliste à Radio-Canada et Loreen Pindera, journaliste à CBC Montreal.

Photo : Radio-Canada / Midi Info

Il y a 30 ans, la journaliste de CBC Loreen Pindera et le journaliste de Radio-Canada Claude Gervais étaient parmi les premiers à arriver en haut de la côte du mont Royal, à l'entrée de l'École polytechnique de Montréal. Ils ont accepté de revivre ce sombre mercredi du 6 décembre 1989 au micro de Midi info.

Déjà, on voyait par une fenêtre une fille penchée vers l’arrière, les cheveux blonds, manifestement morte. On a fini par bloquer cette fenêtre.

Claude Gervais, journaliste à la retraite

Sa collègue de la salle de nouvelles du côté anglophone, une recrue à l’époque, se rappelle être descendue du taxi, confuse, ayant eu comme information préliminaire qu’il y avait un gros feu à l’université. « J’ai regardé partout pour des flammes, de la fumée. Je ne savais pas ce que j’allais affronter. J’ai demandé à un étudiant : “Qu’est-ce qui se passe?” Il m’a répondu qu’il était dans une classe, que le tireur était entré et a divisé les hommes et les femmes. Je n’ai d’abord rien compris », raconte Loreen Pindera.

Sous le choc, les deux journalistes ont mis un peu de temps avant de saisir l’ampleur du drame. « Ça m’a pris 24 h pour comprendre réellement ce qui s’était passé. J’étais là toute la nuit. Après quatre ou cinq heures de sommeil, je suis revenue au travail. Je me suis rendu compte que la ville n’était plus la même », explique la journaliste de CBC.

« Il y a eu la conférence de presse, tôt le matin dans un amphithéâtre, où on nous a montré la carabine. On nous a donné le nom de Marc Lépine. C’est là qu’on a bien vu que c’était ciblé », ajoute M. Gervais.

L’événement les a profondément marqués. « Je ne pensais jamais voir ça dans ma vie. Mais il y a eu Dawson, il y a eu Concordia avec le tireur [Valery] Fabrikant. J’ai fait la couverture de ces fusillades aussi. Comprendre que la haine persiste, c’est terrible », se désole Loreen Pindera.

« Je me suis rendu jusqu’aux funérailles, trois ou quatre jours plus tard, à la basilique Notre-Dame. Quand on est entrés dans la salle de nouvelles, ma collègue Ruth Loiselle et moi, on s’est regardés et on est partis à brailler », se remémore Claude Gervais, encore ému par ce qu’il a vu et entendu il y a 30 ans.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Vous aimerez aussi