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Midi info

Avec Michel C. Auger

En semaine de 11 h 30 à 13 h

La liberté de parole des anciens ambassadeurs en temps de crise

Audio fil du mercredi 24 juillet 2019
Portrait de David Mulroney, ancien ambassadeur canadien en Chine

David Mulroney, ancien ambassadeur canadien en Chine

Photo : La Presse canadienne / Pawel Dwulit

Dans un contexte de tensions avec la Chine, les ambassadeurs canadiens qui ont déjà été en poste dans ce pays ont-ils la possibilité d'exprimer ouvertement leurs opinions? La question se pose à la suite d'un appel reçu par David Mulroney, ancien ambassadeur du Canada en Chine, de la part du Bureau du premier ministre. M. Mulroney avait auparavant suggéré aux Canadiens d'éviter les voyages d'affaires non essentiels en Chine. Il avait aussi recommandé aux touristes canadiens d'éviter la destination.

En entrevue à Midi info, un autre ancien ambassadeur canadien en Chine, Guy Saint-Jacques, confirme lui aussi avoir reçu un appel de Paul Thoppil, sous-ministre adjoint responsable pour l’Asie à Affaires mondiales Canada. Selon M. Saint-Jacques, M. Thoppil voulait lui faire savoir que tout le monde devrait parler d'une même voix dans le but de libérer Michael Kovrig et Michael Spavor, deux Canadiens détenus en Chine.

Selon Guy Saint-Jacques, les propos de M. Mulroney au sujet des voyages en Chine devraient être interprétés au sens moral, par exemple qu'il vaudrait mieux éviter d'aller dans un pays où on ne respecte pas la liberté de parole, où on brime la liberté des gens et où on emprisonne des Ouïgours. Pour M. Saint-Jacques, ce point de vue est valable, mais il ne représente pas celui du gouvernement canadien.

Guy Saint-Jacques dit à la population de ne pas craindre d'aller en Chine. Il souligne que les arrestations étaient ciblées envers certains Canadiens et rappelle aux gens d’affaires de bien respecter toutes les lois chinoises.

Il encourage aussi le gouvernement canadien à faire un effort pour mieux communiquer sa stratégie à l'égard de la Chine. Il affirme qu'il faut avoir des attentes limitées envers les alliés du Canada, réticents à entreprendre des démarches très fermes contre la Chine.

L’ancien ambassadeur explique également qu'il serait temps pour le Canada de revoir sa stratégie, d’autant plus que les tensions pourraient subsister pendant plusieurs années. « Il faut se rendre à l’évidence que la Chine avec laquelle on fait affaire, c’est une Chine qui peut être brutale, qui peut avoir un comportement de voyou qui ne respecterait pas les règles internationales, qui va vous punir si vous n’obéissez pas à ce qu’elle vous demande de faire, dit-il. Je trouve que ce serait tout à fait légitime de la part du gouvernement canadien de dire, dans les circonstances : écoutez, on entreprend une revue complète de nos relations avec la Chine, on abandonne l’idée d’avoir un accord de libre-échange parce que le lien de confiance a été rompu. » Finalement, M. Saint-Jacques estime que le Canada aurait dû depuis un moment déjà porter plainte à l’endroit de la Chine à l’Organisation mondiale du commerce (OMC) au sujet du canola.

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