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Marie-Louise Arsenault
Audio fil du samedi 6 juillet 2019

Michèle Ouimet et l'importance du travail de terrain 

Publié le

Assise sur une chaise solaire rose, elle sourit à la caméra.
La journaliste Michèle Ouimet   Photo : Radio-Canada / Hamza Abouelouafaa

« On n'est pas là pour sauver le monde. [...] On est là pour raconter des histoires qui autrement ne seront jamais racontées. » Téméraire, passionnée par le travail de terrain et guidée par une passion sans borne pour l'autre, Michèle Ouimet a sillonné le monde pour couvrir les pires zones de conflit : le génocide du Rwanda, la révolution de 2011 en Égypte, les guerres d'Afghanistan, etc. La journaliste, aujourd'hui retraitée, travaille sur ses mémoires riches en expériences, qu'elle relate à Marie-Louise Arsenault.

L’influence de Pierre Nadeau
Titulaire d’une maîtrise en histoire, Michèle Ouimet n'était pas prédestinée à devenir journaliste. C’est en écoutant l’émission Format 60, animée par Pierre Nadeau, que le déclic s’est fait. « J’ai eu un coup de foudre professionnel. C’est un homme qui a un aplomb extraordinaire », raconte-t-elle. Inspirée et motivée, elle trouve le moyen de rencontrer son idole et même de devenir sa recherchiste à l’émission Le Point, coanimée par Simon Durivage, Pierre Nadeau et Madeleine Poulin.


« Système D »
Arrivée en août 1984 à Radio-Canada, Michèle Ouimet explique qu’à l’époque elle avait l’impression que « tout était possible », mais qu’il fallait travailler fort pour tirer son épingle du jeu. « On n’avait pas de cellulaire, il fallait donc connaître les numéros de téléphone, les restaurants où allaient les ministres et leurs secrétaires. Il fallait être fin, il fallait vraiment se débrouiller. Sans Internet, il fallait aller dans le sous-sol au centre de documentation où l'on avait des coupures de journaux. C'était le “système D” », dit-elle.

La Presse
Michèle Ouimet a été journaliste au quotidien La Presse de 1989 à 2018. Elle se souvient encore de son sentiment à son arrivée dans la fameuse salle de presse : « J’étais très intimidée. J’arrive dans cette grande salle mythique et là je tombe sur Louise Cousineau qui me regarde comme un chien dans un jeu de quilles. Elle m’a regardée de haut et m’a dit : “Les gens de la télévision ne savent pas écrire.” »

L’objectivité existe, l’objectivité pure n’existe pas. Il y a toujours le filtre de notre regard. Il y a les faits, eux ne changent pas.

Michèle Ouimet, journaliste

Journaliste de guerre
Michèle Ouimet a couvert plusieurs guerres depuis son entrée comme journaliste à La Presse. Elle souligne que le fait qu’elle soit une femme lui permet de communiquer avec d’autres femmes, un privilège qui n’est pas accordé aux hommes. Profondément marquée par ces reportages, elle admet avoir été victime du trouble de stress post-traumatique et explique qu’elle ne s’est pas endurcie avec le temps, au contraire.

On touche la folie des hommes. Au début, je me suis dit que j’allais tenir le coup et que, à force d’en faire, j'allais m’endurcir, mais c’est le contraire qui s’est passé. […] Je suis devenue de plus en plus fragile. Je ne pouvais plus sentir l’odeur d’un cadavre.

Michèle Ouimet, journaliste

L’avenir du journalisme
« Le journalisme ne mourra jamais », répond sans équivoque Michèle Ouimet à la question portant sur l’avenir du journalisme. Même s'il est écorché par les fausses nouvelles, le métier a encore de belles années devant lui, selon elle. « Les fausses nouvelles ont entraîné un mouvement du balancier qui a envoyé les gens soucieux d’une information sérieuse vers des médias traditionnels, comme La Presse et Le Devoir, le New York Times, le Washington Post, etc. Les gens iront se réfugier dans les journaux sûrs. »

La journaliste pose assise sur un balcon.
La journaliste Michèle Ouimet Photo : Radio-Canada/Hamza Abouelouafaa

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