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Chantal Hébert et la passion de la politique

Métier : journaliste

Avec Marie-Louise Arsenault

Chantal Hébert et la passion de la politique

Audio fil du samedi 29 juin 2019
Chantal Hébert au micro de Stéphan Bureau.

Chantal Hébert

Photo : Radio-Canada / Olivier Lalande

« Mes parents m'ont donné trop d'albums de Tintin, ce qui a engendré deux maladies : le journalisme et le virus du voyage. » Chantal Hébert n'a pas à envier la carrière du célèbre reporteur belge. La chroniqueuse politique qui cumule plus de 30 ans d'expérience revient sur des moments charnières de sa carrière : son exclusivité sur la démission de Lucien Bouchard et ses informations privilégiées sur les négociations du lac Meech. Elle se prononce également sur la crise des médias, sur l'importance de prendre soin de ses sources, sur les rapports de pouvoir avec la classe politique, etc.

Chantal Hébert est née le 24 avril 1954 à Ottawa, mais a passé la majeure partie de son enfance à Hull, qui fait maintenant partie de la Ville de Gatineau. Elle fait ses premières armes comme journaliste en 1975 à la salle régionale des nouvelles de Radio-Canada, à Toronto. « C’est extraordinaire, on me paie pour voir des choses arriver. Certainement, je ne suis peut-être pas la même personne qu’en 1976, mais ce plaisir de savoir que l’on me donne un salaire pour regarder l’histoire n’a pas changé », raconte-t-elle.

La journaliste Chantal Hébert est assise devant une machine à écrire.

La journaliste Chantal Hébert dans une salle de rédaction en 1983.

Photo : Radio-Canada

Rapidement, Chantal Hébert monte les échelons et gagne la confiance de ses pairs. De la colline du Parlement, elle couvre la politique fédérale pour le compte de plusieurs médias.

Elle s’aperçoit que l’univers masculin dans lequel elle navigue n’est pas tendre envers les femmes. « À la fin des années 1970, 99 % des gens qui évoluent dans ce monde sont des hommes. […] C’est la culture du locker room », déplore-t-elle. La journaliste en vient à trouver des stratagèmes pour contrer les politiciens grivois qui mêlent professionnalisme et machisme.

Je ne faisais que des lunchs avec les politiciens et attachés de presse, pas de soupers. C’est plus sécuritaire, il fait clair dehors et il y a moins d’alcool consommé.

Chantal Hébert, journaliste

Fière de son métier, Chantal Hébert redoute la crise de confiance que subit la classe journalistique. « Croyez-moi, on va passer la campagne électorale à se faire dire par les conservateurs que nous sommes achetés par les libéraux, ça ne va pas aider la confiance », observe-t-elle.

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