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Avec Maude Rivard

En semaine de 15 h à 18 h

Réduction des bagarres dans la LHJMQ

Rattrapage du jeudi 13 février 2020
Jordan Lepage et Thomas Ethier

Jordan Lepage (no 5) et Thomas Ethier (no 17)

Photo : Getty Images / Minas Panagiotakis

La LHJMQ tiendra la semaine prochaine une réunion au cours de laquelle les propriétaires et présidents des 18 équipes du circuit Courteau se prononceront sur l'adoption de règles afin de contenir les bagarres à compter de la saison 2020-2021.

D'abord, spécifions que dans l'immédiat, il ne s'agit pas d'abolir les bagarres au niveau du hockey junior, mais bien d'adopter une réglementation plus sévère afin de limiter les face-à-face se réglant aux poings. Par contre, ce pourrait bien en être le début de la fin.

Par exemple, on voudrait aller au-delà de la simple punition majeure de 5 minutes qu'écopent actuellement les pugilistes. Que l'expulsion arrive avant le deuxième combat dans le même match. Qu'une suspension arrive au sixième plutôt qu'au seuil des onze matchs prescrit en ce moment.

L'entraîneur-chef et directeur-gérant de l'Océanic de Rimouski, Serge Beausoleil, fait partie du petit groupe de coachs membres du comité-conseil qui se penche sur la question.

Je crois qu'on est rendu là dans le hockey [...] On est rendu à un quart (.25) de bagarre par match. Ça prend quatre matchs dans le circuit Courteau pour compter une bagarre. Quand je suis arrivé dans le circuit, c'était au-delà d'un par match. On fait des progrès [...] et c'est une bonne chose pour la sécurité de nos joueurs.

Serge Beausoleil, entraîneur-chef et directeur-gérant de l'Océanic de Rimouski

« Comme ça va être une bonne chose de changer ces bandes-là après [avoir vu mes joueurs subir] huit blessures aux épaules cette année, » ajoute-t-il en passant, se rappelant à quel point il a dû composer avec un alignement réduit cette année.

Et les joueurs, qu'en pensent-ils?

Bien qu'il défende ses coéquipiers à l'occasion, le défenseur de Trois-Pistoles, Anthony D'Amours, n'est pas un bagarreur. Il aura bientôt 20 ans et dispute sa troisième saison dans la ligue. Comme la plupart, il en a entendu parler d'une nouvelle règle entourant les combats.

Je pense que de temps en temps, ça peut remettre une game à sa place. [Mais] on voit que ça diminue chaque année. Ça va peut-être en venir au point où il n'y en aura plus, mais présentement, il y a encore un peu de place pour ça.

Anthony D'Amours, défenseur de l'Océanic

Toutefois, il ajoute que dans le feu de l'action, les émotions peuvent facilement prendre le dessus.

Nicolas Guay, quant à lui, joue une cinquième saison dans le circuit Courteau et, avec l'Océanic, a joué avec quatre équipes différentes. C'est un joueur d'expérience qui en a vu d'autre. Il constate d'ailleurs à quel point le hockey a changé depuis ses 16 ans.

Quand je suis arrivé dans la ligue, j'étais impatient d'avoir ma première bagarre. Parce que c'était comme ça que je devais me faire respecter par les plus vieux; c'est ce qu'on me disait. Alors je l'ai cherché, mais ce n'était pas mon style pantoute. Ça a beaucoup changé depuis et pour le mieux honnêtement. Maintenant, les gars ils jouent au hockey, pis ils patinent et font des jeux. C'est beaucoup mieux. Tu sais, pour des jeunes de 16 et 17 ans, c'est beaucoup mieux pour eux.

Nicolas Guay, attaquant de l'Océanic

Bien qu'il s'agisse d'un virage de culture pour le hockey, et qu'il soit difficile d'aller à l'encontre de la vertu, il est clair que la perspective d'une éventuelle abolition des bagarres soulève des réticences. Et pas toujours pour les bonnes raisons.

Quoiqu'il en soit, il ne faudrait pas que les plus talentueux paient la note au détriment de ceux qui préfèreraient contourner les règles. Autrement dit, qu'un agresseur fasse délibérément augmenter le « capital combat » d'une vedette simplement pour l'écarter du jeu.

Que certains aient les « gants lousses » encore quelque temps, ça permettrait de temporiser l'accomplissement de certains rêves machiavéliques.

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