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Catherine Perrin
Audio fil du jeudi 20 décembre 2018

L'injuste mise au ban de la gastronomie autochtone

Publié le

Katerine-Lune Rollet et Marc-Olivier O'Bomsawin au micro de Stéphan Bureau.
Katerine-Lune Rollet et Marc-Olivier O'Bomsawin   Photo : Radio-Canada / Olivier Lalande

Largement basée sur le gibier, la cuisine des Premières Nations est difficilement accessible en raison d'une réglementation stricte qui restreint l'accès à la viande de chasse et sa vente, entre autres. La chroniqueuse Katerine-Lune Rollet, l'historien et cuisinier Marc-Olivier O'Bomsawin et le consultant culinaire innu Manuel Kak'wa Kurtness discutent avec Stéphan Bureau de l'importance de valoriser ces traditions culinaires pour les réapprivoiser.

« La viande de gibier ne peut pas être vendue à des restaurateurs », explique Katerine-Lune Rollet au sujet des restrictions réglementaires en vigueur dans la plupart des provinces. « Il faut que ça passe par un abattoir fédéral, et les abattoirs en général ne prennent que d’énormes quantités. Par exemple, pour tuer trois originaux, ça coûterait une fortune. Même si vous allez dans le Grand Nord, que vous vous payez un voyage de chasse et de pêche à 10 000 $ et que vous tuez un caribou ou un phoque, vous ne pouvez pas le manger. Vous allez finir par manger du spaghetti en [conserve] qui vient du Sud. »

On est vraiment ignorant de la cuisine des Premières Nations. Je peux vous parler de toutes les spécialités de chacune des régions d’Italie, mais je ne peux pas vous décrire une recette des Premières Nations. C’est quand même assez pathétique. Comment se fait-il qu’encore aujourd’hui, on n’en parle pas?

Katerine-Lune Rollet

Une chape de plomb qui rend malade

« Cette cuisine est invisible parce qu’elle n’est pas à la mode, parce qu’elle n’est pas disponible pour tout le monde », déplore Manuel Kak’wa Kurtness, qui blâme la réglementation de l’Agence canadienne d’inspection des aliments et, au Québec, du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation. « Ce que je trouve aberrant pour les Premières Nations, c’est qu’on a vécu avec cette alimentation-là pendant 6000, 7000, 8000 ans. Aujourd’hui, on est rendus malades à cause d’un régime alimentaire imposé, externe. En seulement 400 ans, on a vu des gens mourir du diabète, de problèmes de santé physique parce que, justement, on ne pouvait plus aller chercher ces aliments [traditionnels]. »

La balle dans le camp autochtone

Le chef innu croit que les Premières Nations devraient s’organiser pour mettre de l’avant cette alimentation, d’abord en créant des produits accessibles aux personnes vulnérables des communautés autochtones, comme les aînés et les enfants, et en faisant découvrir au reste du pays des initiatives gastronomiques perpétuant les traditions ancestrales.

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