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Catherine Perrin
Audio fil du jeudi 22 novembre 2018

Pas facile d’être rationnel quand on est hypocondriaque

Publié le

Alexandre Barrette, Alain Vadeboncoeur et Jean-Sébastien Girard au micro de Catherine Perrin.
Alexandre Barrette, Alain Vadeboncoeur et Jean-Sébastien Girard   Photo : Radio-Canada / Olivier Lalande

« Des fois, j'ai l'impression d'être deux personnes, » dit Alexandre Barrette. Pour Jean-Sébastien Girard, Alain Vadeboncoeur et lui, l'anxiété prend souvent le dessus sur la réalité, si bien qu'ils s'imaginent avoir des maux qu'ils n'ont pas vraiment. Après coup, ils ressentent souvent la gêne d'avoir embêté leur entourage avec leurs craintes. Les deux humoristes et l'urgentologue expliquent à Catherine Perrin qu'Internet tend à attiser leurs maladies imaginaires.

« Tout symptôme peut être une bonne prémisse, indique Alexandre Barrette. Un mal de tête peut devenir un cancer. »

L’humoriste raconte que même s’il n’a jamais eu de comportement sexuel à risque, il a déjà eu peur d’avoir contracté le sida. « Tu vas voir des blogues et tu lis : "Langue qui devient un peu blanchâtre". Tu regardes [ta langue], mais tu n’as pas de point de comparaison. Je n’ai jamais vraiment évalué ma langue avant ce moment. Tu te dis : "Effectivement, ma langue est un peu blanche." C’est dangereux. »

La terreur de la possibilité

Jean-Sébastien Girard témoigne : « La maladie, on la côtoie, elle peut quand même arriver. C’est là, la difficulté. Si je présente un symptôme, je ne peux pas dire : "Déconstruis ça, ça n’existe pas", parce que ça peut exister. Jusqu’à quel point c’est de l’hypocondrie, jusqu’à quel point je serais peut-être en train de taire de réels symptômes? Je peux être malade pour vrai. En vieillissant, je suis plus sujet à différentes maladies. »

Il y a un an, j’ai eu un épisode cardiaque. C’était du reflux gastrique. Mais ça faisait une semaine que j’avais des douleurs. Ça aurait pu être quelque chose. […] Alors, je suis allé passer une batterie de tests. Ça a été un enfer. Je me disais : "Je ne ressortirai jamais d’ici, je vais ressortir avec un défibrillateur et la vie est terminée."

Jean-Sébastien Girard

Ravageuse anxiété

Fils d’hypocondriaque, Alain Vadeboncoeur conserve une phobie des virus. Il lui arrive également de traiter des hypocondriaques à l’Institut de cardiologie de Montréal. « C’est sûr que l’anxiété fait partie du problème. Je n’ai jamais rencontré un hypocondriaque relax », souligne-t-il.

Le médecin illustre la difficulté de raisonner avec un hypocondriaque : « Il y en a qui reviennent régulièrement, qu’on voit tout le temps. C’est sûr qu’il y a un renforcement qui se fait si l’on recherche continuellement [un problème]. Ça peut entretenir la situation. À un moment donné, il faut dire : "Écoutez, ça fait deux fois qu’on regarde, et on n’a rien trouvé; c’est très peu probable qu’il se passe quelque chose." Déjà, "c’est très peu probable" est une phrase de trop. Je pense que c’est un cercle vicieux. »

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