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Catherine Perrin
Audio fil du mardi 6 novembre 2018

Exclus de la société à cause de leur visage différent

Publié le

Cindy Nicholsen et Keith Widgington au micro de Catherine Perrin.
Cindy Nicholsen et Keith Widgington   Photo : Radio-Canada / Olivier Lalande

Cindy Nicholsen souffre de neurofibromatose, une maladie génétique caractérisée par la présence d'un grand nombre de tumeurs non cancéreuse sur sa peau. Keith Widgington a été défiguré à la suite d'un cancer de la peau. Dans le film Happy face : la tyrannie de la beauté, ils font leurs premiers pas en tant que comédiens en y jouant, en quelque sorte, leur propre rôle. En compagnie du réalisateur Alexandre Franchi et du comédien Robin L'Houmeau, Cindy et Keith décrivent à Catherine Perrin comment l'on se sent quand le miroir n'est pas son ami.

« J’ai eu plusieurs traitements, beaucoup de chirurgies. Chaque fois, ça a empiré ma situation, souligne Keith. Chaque fois, je pensais que ça allait s’améliorer, […] mais chaque fois, ça empirait tellement mon visage que ça m’enlevait l’espoir, le courage et le goût de sortir, parce que je me trouvais tellement laid. Je n’étais même pas capable de me voir dans le miroir. »

Comme avant à l’intérieur

« À l’intérieur, je me vois comme j’étais avant, dit-il. Dans ma tête, mon visage est toujours comme il était avant. Chaque fois que je me vois dans le miroir, c’est toujours comme un choc : "Non, ce n’est pas vrai, je n’ai pas l’air de ça." Je suis capable de l’accepter, mais les journées où je suis moins fort, où je suis un peu découragé, déprimé, […] c’est plus dur. »

Pour me protéger, je garde une distance avec le monde en général, juste pour éviter de sentir les commentaires négatifs et le rejet.

Keith Widgington

Entre deux mondes

La maladie de Cindy Nicholsen s’est déclarée lorsqu’elle avait 16 ans. « Jeune, ma mère me choyait. Elle m’a toujours gâtée. J’étais le bébé de la famille », raconte-t-elle.

Puis, tout a changé : « J’étais comme entre deux mondes. Ma mère était tellement terrible avec ses paroles. Aussitôt que je sortais en public, je faisais face à la société. J’étais pognée dans mon corps, dans mon monde. »

Le fait de jouer dans le film d’Alexandre Franchi a changé son rapport avec sa condition : « C’est comme si c’était moins dur. C’est comme si j’acceptais plus. »

Robin L'Houmeau et Alexandre Franchi au micro de Catherine Perrin.
Robin L'Houmeau et Alexandre Franchi Photo : Radio-Canada/Olivier Lalande

La culpabilité des proches

Dans Happy face, un jeune homme infiltre un groupe de soutien pour les personnes au visage différent. Alexandre Franchi s’est inspiré de l’histoire qu’il a vécue avec sa mère lorsqu’il était adolescent. Souffrant d’un cancer, elle était physiquement désavantagée. « Je n’avais pas envie d’amener mes copains à la maison, raconte-t-il. […] Elle a tout lâché [ce qui concerne] la beauté. Elle se baladait avec des robes tie-dye dans la rue, elle s’en foutait, mais moi qui étais ado, pour qui l’apparence comptait pour beaucoup, je marchais cinq mètres devant elle. Je me sentais très coupable pour ça. »

Le film Happy face : la tyrannie de la beauté sera en salle à Montréal à partir du 9 novembre.

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