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Catherine Perrin
Audio fil du mardi 23 octobre 2018

Le pouvoir limité de la sensibilisation écologique

Publié le

Un ours polaire sort de la mer et semble être surpris par le photographe. De l'eau coule sur la tête de l'animal en pleine action.
Une photo tirée du livre L'aventurier des glaces, de Mario Cyr   Photo : Mario Cyr

Les images-chocs montrant les beautés de la nature ou, à l'inverse, les dommages causés par l'accumulation du plastique ou les changements climatiques n'ont qu'un effet à court terme sur l'esprit du public. Mario Cyr, plongeur et vidéaste, Sarah-Jeanne Royer, océanographe, et Élise Desaulniers, de la Société pour la prévention de la cruauté envers les animaux, constatent que le message véhiculé par ces images ne suffit pas à changer les habitudes. Ils discutent avec Catherine Perrin de l'importance de répéter leur message pour qu'il se traduise par des gestes concrets.

« Il y a une façon de rendre esthétiques les malheurs de la société », note Élise Desaulniers, qui compare le fétichisme écologique de documentaires comme Planet Earth aux œuvres du concours World Press Photo. « Est-ce que ça n’amène pas une certaine distance par rapport à ces malheurs terrestres? Est-ce que ces images très, très esthétiques ne font pas juste nous faire sentir une bonne personne? [On se dit :] "Ah, mon Dieu, la Terre est terrible", mais avec une distance. "Ce n’est pas ma faute, c’est tellement loin. […] Ça ne ressemble pas au monde qui est autour de nous en ce moment." Même quand on montre des ravages, ce sont des ravages qui sont super loin de nous. On ne se sent pas super responsables ou concernés. »

Feu de paille

Mario Cyr donne des conférences pour présenter son travail et remarque que la détermination de son public est de courte durée. « Tout de suite après les conférences, les gens sont bouleversés. Ils sont prêts à changer. On les rencontre 15 jours, 3 semaines après et on dirait que c’était une espèce de feu de paille, déplore-t-il. Il faut marteler [le message]. Il faut revenir souvent. Un phénomène que j’observe, depuis quelques années : beaucoup de gens reviennent voir la conférence une deuxième ou une troisième fois. C’est exactement la même. Ils me disent : "On a appris des choses différentes." »

Pénible répétition

« C’est très difficile, pour les gens en général, de changer les habitudes, dit Sarah-Jeanne Royer. Il faut rappeler, un peu comme à un enfant, les [bonnes] habitudes, pour que les gens imprègnent ça dans leur mode de vie. Je trouve ça énormément difficile. C’est pour ça qu’au bout du compte, je crois beaucoup aux lois et à la politique pour faire un changement sur la quantité de plastique [dans les océans]. Les gens oublient après un certain temps. »

Elle poursuit : « On peut vendre des bouteilles d’eau réutilisables, des pailles en bambou, des sacs pour faire l’épicerie… Les gens vont acheter, mais pour que la personne, le matin avant de quitter sa maison, apporte cette bouteille, cette paille et ce sac au travail, ça demande beaucoup plus d’énergie. Les gens ont 10, 12, 15 sacs et les oublient avant d’aller faire l’épicerie. Les bouteilles, c’est la même chose. C’est fou! »

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